Merci M. et Mme Landry !

Il ribelle di Castelmonte

Nous remercions très chaleureusement M. C. d’avoir accepté de nous écrire ce texte souvenir sur les époux Landry, de La Gatinerie pour l’état civil. 

«  Lorsque j’ai rencontré Gérard Landry pour la première fois, c’était plus ou moins en 1980, j’avais vingt-et-un ans et lui soixante-huit. C’était à la Darse de Villefranche. Il rentrait d’une sortie en mer avec son pointu et je n’ai jamais oublié le superbe sourire et le regard malicieux de ce grand Monsieur. Nous sommes sortis en mer ensemble plusieurs fois à bord du « Mic-Mac ».

On est devenus amis et j’ai connu les bons et les terribles moments traversés par Annie et Gérard. Aujourd’hui, seuls les souvenirs agréables se promènent dans mes pensées.

Annie, si pétillante, avec sa longue chevelure ondulée et flamboyante, ses robes d’été turquoises, sa bonne humeur et sa gentillesse. Et Gérard, si bel homme avec une allure folle, délicat et attentionné, se souciant en permanence du bien-être de ceux qui l’entouraient.

Il y avait Simon, le petit chien tibétain qui n’y voyait plus grand chose, et Kala, l’inquiétante louve de Rome à la passion démesurée pour ses maîtres. J’ai eu également le plaisir de rencontrer Bérengère dont les magnifiques yeux bleus faisaient la fierté de son grand-père : « Tu as vu, les mêmes que les miens ! », me disait-il. Enfin, une pensée émue me reste pour Camille qui aimait les « nhérissons ».

A l’époque du tournage du James Bond Jamais plus jamais (1983) à Villefranche, j’avais assisté aux divers préparatifs du cascadeur qui devait, à moto, sauter entre les deux mâts par-dessus la bôme d’une goélette en cale de halage au chantier Voisin. Après plusieurs approches, il n’eut besoin que d’une prise. J’étais enthousiaste en rentrant le long des vieux bâtiments à voûtes et en dépassant la caravane de Sean Connery.

Gérard m’avait raconté que ces bâtisses de la Darse faisaient partie de l’ancien arsenal du Duché de Savoie, où l’on construisait yoles et goélettes. Sous les voûtes, sur des tréteaux, il y avait un très long et vieux mât : « Regarde c’est le grand mât du « Zaca », le voilier d’Errol Flynn », m’apprenait-il sur place.

Lorsque je suis allée chez eux en Italie, Gérard avait commencé le tournage du téléfilm Anemia (1986) d’Alberto Abruzzese. Je l’avais accompagné une fois. Il était très heureux de tourner à nouveau, ignorant bien sûr qu’il s’agirait de son dernier film. Je découvrais pour la première fois l’acteur en pleine concentration, derrière la fenêtre du décor, une petite pièce peu engageante. Il tombait de fausses trombes d’eau. Je revois ce personnage barbu qu’il incarnait et tout à coup « l’homme digne d’avoir un chien », avec lequel je partageais pleins de fous rires, était devenu un autre, un parfait inconnu… Magie du cinéma et de ses pouvoirs de métamorphoses !

De tous les films de Gérard, mon coup de cœur est Barry (1949).

Annie m’a toujours donné l’impression de beaucoup aimer son studio de doublage, son travail et tout ce que cela impliquait. C’était une passionnée de la vie, une énergie impressionnante émanait d’elle. Elle est de ces femmes à qui l’on aimerait ressembler quand on a vingt-cinq ans. J’étais trop jeune pour avoir parcouru les romans photos dont elle était l’héroïne.

Je découvre aujourd’hui, grâce à votre association, Le Manoir maudit (1963) et je vous en remercie. Ce personnage ne ressemble vraiment pas à celle qui m’expliquait en riant qu’en Italie il y avait assez de recettes de pâtes pour que l’on en fasse une différente chaque jour de l’année ! C’était une très bonne cuisinière et chaque fois que je fais des poires au roquefort, je nous revois dans la cuisine de leur maison de Rome où les jours sont passés bien trop vite à mon goût.

Puis j’ai perdu de vue Gérard et Annie. Les aléas de la vie en ont décidé ainsi, mais j’ai pensé à eux si souvent. Je ne remonterai bien sûr jamais le temps, mais pour un moment avec eux j’aimerais vraiment que ça soit possible !

Merci Monsieur et Madame de La Gatinerie d’être un jour entrés dans ma vie et de m’avoir laissée entrer dans la vôtre.« 

M. C., avril 2019.

En haut : Photo d'exploitation d'Il ribelle di Castelmonte (1964) avec en vedette Annie Alberti et Gérard Landry. Troisième et dernier film tourné par le couple après Avventura in città (1959) et Le Retour de Robin des bois (1960).
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Visites chez les morts (1)

Tombe de Jean-Claude Remoleux (1)Le vendredi 2 novembre 2018. Tombe de l’acteur Jean-Claude Remoleux, silhouette familière des films de Jean-Pierre Mocky, « quiconque a vu « La Grande Lessive (!) » de Mocky ne peut l’oublier » (Christophe Bier, « I want this guy ! » in Obsessions, 2017), mort à 62 ans le 5 janvier 1985 et enterré dans le cimetière communal de Beaulieu-sur-mer.

Tombe de Jean-Claude Remoleux (2)
« Le jour de son enterrement, il y a eu un gag extraordinaire, ça a été son dernier gag. Le cimetière était en pente, on l’a enterré en hiver. Il faisait un froid de canard, tout était gelé par terre, ce qui est assez rare sur la Côte d’Azur… Le cercueil est tombé dans la mer. Il a glissé. Les croque-morts ont essayé de le rattraper mais ont glissé eux aussi. Ce qui fait que le cercueil n’a pas pu être arrêté et est parti en bas et a flotté sur l’eau. La fin de Remoleux c’est quelque chose d’extraordinaire. On dirait un film, comme si je l’avais mis en scène » – Jean-Pierre Mocky

Le Carnaval de Nice au cinéma

 

Filmographie

En orange, les titres présentés dans la vidéo…

1921, L’ENFANT DU CARNAVAL, long-métrage réalisé par Ivan Mosjoukine.
1929, LE CARNAVAL DE NICEréférences manquantes.
1930, A PROPOS DE NICE, court-métrage réalisé par Jean Vigo et Boris Kaufman.
1947, PARIS 1900, long-métrage réalisé par Nicole Vedrès.
1958, LA VIE A DEUX, long-métrage réalisé par Clément Duhour.
1970, LA PROMESSE DE L’AUBE, long-métrage réalisé par Jules Dassin.
1994, NICE, VERY NICE, segment réalisé par Claire Denis du long-métrage A PROPOS DE NICE, LA SUITE.
1997, MARIE BAIE DES ANGES, long-métrage réalisé par Manuel Pradal.

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Le Canard se paye la Victorine

Encadré publié dans le n°44 des « Dossiers du Canard », Le Midi – Mécomptes et légendes, de juillet 1992, sans la photo de Peter Ustinov, prise très probablement à l’époque du tournage de LADY L (source inconnue).

peter ustinov à la victorine

Hollywood du pauvre La Victorine en (dé)chantant

« Il faut toujours assurer le suivi des grandes proclamations ministérielles : la démarche est, à tout coup, instructive. En mai 1984, quelques heures avant d’aller présider la soirée d’ouverture du Festival de Cannes, Jack Lang débarque spectaculairement à Nice. Un grand dessein l’anime : il va relancer les studios de la Victorine, fleuron du cinéma d’avant guerre et même du temps de l’Occupation (Carné y a tourné, en 42, LES ENFANTS DU PARADIS), mais qui végètent passablement depuis une ou deux décennies.

Pas un journal qui, dans la foulée, n’y aille de son papier nostalgique et ne se félicite en même temps des heureuses dispositions de Jumping Jack. Au cabinet du ministre, on le répète à l’envi : (la Victorine restaurée !) ce sera « Hollywood en Méditerranée » ! Un partenaire privé, la société LTM (Le Transformateur miniature), y croit, qui investit 10 millions de francs dans l’affaire. La Culture y ajoute 1,5 million de subventions. Tournez, manèges !

Huit ans après, le bilan est assez contrasté. C’est vrai, la Victorine peut s’enorgueillir de dix plateaux outillés d’un matériel ultra-sophistiqué (« la mecque des effets spéciaux », disaient même, en 84, quelques thuriféraires du ministre), mais une bonne moitié est constamment inutilisée. A défaut d’accueillir des films de long métrage, la Victorine s’est surtout spécialisée dans les spots de pub, les clips et même les photos de catalogue, celui de Peugeot, par exemple, entièrement réalisé sur place.

De cet ostracisme, les commerciaux des studios tiennent leur explication, grandiose : « Nous sommes victimes du parisianisme. Toutes les grosses boîtes de production sont à Paris, et elles nous considèrent à peu près comme des aborigènes d’Australie. » Cependant qu’au lendemain des attentats terroristes de 1986 les sociétés de production US, qui avaient un temps parié sur l’Hexagone, ont préféré trouver ailleurs des décors plus apaisants.

« Il faut bien comprendre, explique un producteur qui tient à garder l’anonymat, bien sur les équipements de la Victorine sont performants, mais je préfère tout de même envoyer mes équipes en Espagne ou en Afrique du Nord. Là-bas, d’un strict point de vue financier, les conditions de tournage défient toute concurrence. »

Un seul film de cinéma s’est tourné à la Victorine en 91. Un grand film : NOSTROMO* (d’après le roman de Conrad) de David Lean, le réalisateur, notamment, de LAWRENCE D’ARABIE. Manque de pot : le metteur en scène, déjà octogénaire, est mort en cours de prise de vue et le film n’est jamais sorti. Vous avez, comme ça, des lieux qui ne portent pas vraiment chance. Ou des ministres qui parlent un peu trop vite. Ou trop fort. »

*Un documentaire sur la grande aventure du film a été réalisé en 2017 : "Nostromo", le rêve perdu de David Lean.

L’Azur retrouvé

Si nous regrettions il y a quelques mois la rareté de Nice dans La Promesse de l’aube version 2017, c’est une nouvelle fois en Ligurie qu’une autre production, celle franco-belge d’Un amour impossible d’après Christine Angot, sorti le 7 novembre dernier, a préféré s’installer pour y tourner des séquences situées entre Nice et Beaulieu-sur-Mer au crépuscule des années cinquante.

De fin mai à début juin 2017, l’équipe de Catherine Corsini, coordonnée depuis l’hôtel « Le Caravelle » à Diano Marina, s’est donc rendue à Imperia capturer les derniers moments de bonheur du couple du film au soleil timide des ports de plaisance d’Oneille* et de Port-Maurice. Scénettes fugaces renouant parfois avec le charme et la modestie de la Riviera d’autrefois, jamais loin du précipice et donc de La Main au collet…

Un amour impossible (2)Un amour impossible (1)Retrouvailles à Beaulieu-sur-mer des deux protagonistes, Pierre (Niels Schneider) et Rachel (Virginie Efira), filmées sur le quai et à l’entrée de la gare des trains de Port-Maurice récemment désaffectée. « Pour aller sur la Côte d’Azur, il fallait passer par Paris. On arrivait à la gare d’Austerlitz, et à la gare de Lyon on prenait un train pour Nice. Il l’attendait, il avait loué une Quatre-Chevaux. Ils sont allés directement à Beaulieu-sur-Mer. »**

Un amour impossible (5)Un amour impossible (3)Au port d’Oneille dans un Steak House de la Calata Giovanni Battista Cuneo, la rue sous les arcades, au numéro 17.

Un amour impossible (4)« Sur le port [de Menton], il lui a acheté une petite broche, en métal, sans valeur, mais jolie, un hippocampe avec des yeux verts. »**

Un amour impossible (6)Via Angiolo Silvio Novaro, toujours à Oneille. Les photos prises par et de Rachel et Pierre durant ce séjour seront désignées plus tard dans le film comme celles du séjour à Nice. « Le dernier soir, à Nice, au Palais de la Méditerranée, il avait voulu jouer, elle lui avait prêté son dernier billet de cinquante francs, il l’avait perdu, elle n’avait plus rien non plus. Ils ont cherché une Caisse d’Epargne, il a retiré cent francs sur son livret, et ils ont réservé des places assises pour le lendemain. Ils avaient un soir de vacances supplémentaire. Ils ont dîné dans un bon restaurant. Et ont passé leur dernière nuit dans un joli petit hôtel face à la mer. »**

 *Port d’Oneille où débarquait discrètement Matt Damon dans La Mémoire dans la peau.
**Extraits du roman de Christine Angot, Un amour impossible (J’ai Lu, 2016), pp. 47-48.

 

Carnets de figuration

The Good Thief (2)
Le Régina à Nice transformé en casino dans « L’Homme de la Riviera » (2002).

Infatigable figurant passionné par la technique audiovisuelle et les coulisses de film, Denis nous a confié il y a quelques mois une copie Word des 153 fiches de tournages auxquels il a participé en PACA et à proximité, Monaco, l’Italie, depuis 2001. En voici les 6 premières, datant de 2001 à 2004, que nous avons adaptées avec son accord et qui formeront bientôt de grands « Carnets de figuration ». Nous le remercions pour sa gentillesse et sa confiance.

Les films ou téléfilms concernés sont les suivants : Sables mouvants et L’Homme de la Riviera à Nice, 24 heures de la vie d’une femme à Menton, Les Liaisons dangereuses au Cap d’Antibes, Ocean’s Twelve à Monaco et Brice de Nice à Mougins.

Le document PDF des fiches est ici : Fiches de tournages de 2001 à 2004

Les cahiers d’une spectatrice (2)

Aller à la première partie

Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°1 Hommes
Jaque-Catelain à gauche et six fois Lionel Barrymore à droite.
Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°2 Femmes Suite - Elsa Lanchester, Binnie Barnes, toutes les deux vues dans LA VIE PRIVEE D'HENRY VIII
Merle Oberon en haut à gauche, Wendy Barrie en bas à gauche, Elsa Lanchester en haut à droite et Binnie Barnes en bas à droite.

Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°2 Femmes

Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°3 Couples Suite
Mamo Clark et Clark Gable tournant « Les Révoltés du Bounty » (1935) à gauche, trois fois Ginger Rogers et une fois Fred Astaire à droite.
Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°2 Couples Suite
Samson Fainsilber et Marguerite Weintenberger dans « Jocelyn » (1933).
Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°3 Couples
Maria Alba et Douglas Fairbanks dans « Robinson moderne » (1932).