Dimitri Batritchevitch

 

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L’association gère depuis 2018 la Collection Batritchevitch composée de matériel cinéma récolté par Dimitri Batritchevitch et de films, amateurs et professionnels, qui lui sont attribués.

Niçois attaché au quartier de Las Planas, Dimitri fut tour à tour documentariste, en Amériques du Nord et du Sud puis en Australie, chef machiniste, aux Studios de la Victorine notamment, et projectionniste, dans plusieurs salles des Alpes-Maritimes.

Une exposition scolaire Le petit monde de Dimitri [voir diaporama] lui a été consacré au mois de juin 2019 dans le cadre du partenariat de « Prise 2 » avec la SEGPA du Collège Fabre de Nice.

Dimitri a fait également l’objet d’une création originale, « Gustave, une histoire de cinéma », pour l’exposition Salut aux petites mains de la Victorine, où il fut également représenté, au Forum Nice Nord, où s’est déroulée la première du film, le lundi 16 décembre 2019.

Voici sa biographie et ici sa filmographie (fichier PDF).

 

Dimitri par Emile Martin
Dimitri évoquant la Victorine (Audio)

Né le 21 septembre 1923 à Dubrovnik en Croatie, Dimitri Batritchevitch [ci-dessus filmé par Emile Martin à la Victorine] est le seul garçon d’une famille de trois enfants. Son père, originaire d’Ukraine, est capitaine de navire marchande. En 1925, sa famille s’installe à Nice dans le quartier de Magnan. Il devient français en 1930.

En 1945, Dimitri part aux Etats-Unis et apprend le métier de chef opérateur. Il commence à travailler en tant qu’opérateur cinéma au service actualités des studios de la Fox à Los Angeles puis part pour le Venezuela où il se spécialise dans les prises de vues aériennes, acceptant de nombreuses missions pour la compagnie Bolivar qui possède des studios.

En 1950, il poursuit l’aventure en Australie où il réalise quelques documentaires ayant pour thème la faune et la flore dans l’Outback.

Trois ans plus tard, il se marie avec Sydney une jeune Australienne et décide de rentrer avec elle en France dans l’espoir de se faire embaucher à Nice aux Studios de la Victorine, studios qu’il connaît depuis l’enfance, alors en plein essor.

Il entre à la Victorine en 1954, où il est d’abord chauffeur-livreur, puis chauffeur-machiniste et enfin chef machiniste.

Il participe à de nombreux tournages à Nice et aux alentours, mais aussi à l’étranger, en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis.

Dimitri (Le Cerveau)

Dimitri, à droite, posant près de l'acteur David Niven, au centre. Coulisses du "Cerveau" [1969], filmées par Dimitri (Vidéo)

 

Pendant près de vingt ans, sans répit, Dimitri travaille pour les plus grandes productions françaises, beaucoup de Belmondo (« Un singe en hiver », 1962) et de Delon (« Comme un boomerang », 1976), la série « Belle et Sébastien » (1965-1970), et étrangères (« Chitty Chitty Bang Bang », 1968, « Les Invitations dangereuses », 1973, « Condorman », 1981). Films ou séries dont il enregistre quelques fois les coulisses.

Avec le déclin de la Victorine, Dimitri se forme au métier de projectionniste. Dès le début des années soixante-dix, il alterne ainsi tournages, devenus plus rares, des publicités quelques fois (en Italie par exemple pour de l’huile d’olive), et emplois de projectionniste à Cannes, au MIDEM (Marché international du disque et de l’édition musicale) et pendant le Festival du Film, et dans plusieurs salles des Alpes-Maritimes dont L’Actuel, le cinéma de l’ex-MJC Gorbella – aujourd’hui Forum Nice Nord -, dans le quartier de Las Planas où il habite depuis 1962 dans la cité des Œillets – la famille Batritchevitch fut l’une des cinq premières familles à s’y être installée.

En 1983, Dimitri arrête ses activités pour se dédier à sa famille et à sa passion pour le cinéma qui a pris avec le temps les dimensions d’une très large collection.

L’année de son départ à la retraite, Dimitri Batritchevitch est promu Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres par le Ministère de la Culture et le CNC (Centre National de la Cinématographie). Pierre Viot, Directeur Général du CNC, annotera à la main sa lettre officielle de félicitations par ces mots : « Quelle joie de féliciter un ami toujours chaleureux et fidèle ! ».

Il meurt à Nice le 16 avril 2013.