Entretiens Prise 2, n°1

« Mémoires et fous rires d’un projectionniste niçois » (40 min)

A écouter ici : Entretien Prise 2 n°1, Jean-Pierre Pierucci

Jean-Pierre Pierucci, que tout le monde appelle ‘Pinko’, opérateur pendant des décennies dans les plus grands cinémas de Nice tels que l’Escurial, le Rialto et le Variétés, où Raphaël fit sa connaissance en 2005, un an avant son départ à la retraite, lors d’une soirée Star Wars, nous avait accordé un entretien en septembre 2016, qui fut aussi filmé, pour une web-série sur Nice, projet de notre association née quelques jours avant la rencontre, pour le moment reporté. 

Jean-Pierre Perrucci à l'Espace MagnanDe gauche à droite : Ettore Scola, Jean-Pierre Pierucci, notre projectionniste, Marcello Mastroianni et Jean A. Gili à l'Espace Magnan en janvier 1986 lors des Journées du cinéma italien. La venue de Marcello à Nice fut racontée par Jean Gili, trente ans plus tard, au micro de France Inter dans l'émission "On aura tout vu" : Spéciale Marcello Mastroianni. On en trouve aussi la trace dans le documentaire "Ma Madeleine de Nice" (2018) à travers, de mémoire, le livre d'or du restaurant Poupon et Marinette, qui a fermé depuis peu. 
Photo, collection privée.
Le Ciné MagnanLe Ciné Magnan en 1996, l'ancienne salle de quartier située avenue de la Californie, que fréquentait le petit Jean-Pierre, Niçois du quartier de la Madeleine, qu'il n'a jamais quittée, et fils d'immigrés italiens partis de Città di Castello en Ombrie, "le pays de Monica Bellucci", comme il aime à le rappeler, et comme de très nombreux immigrés italiens installés à Nice et notamment à la Madeleine. Parallèlement au métier de projectionniste, Jean-Pierre Pierucci fut également braseur chez Unic, fabricant de machines à café, d'abord à Nice, à la Madeleine, puis à Carros, où l'usine a déménagé. 
Photo, collection Prise 2.
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Premier festival italien à Nice

QFestival italien Nice 1980ue reste-il des premiers pas du festival italien organisé à Nice en mars 1980 par la Ville de Nice et son comité des fêtes ?

Au moins ce compte-rendu, pas toujours tendre et renvoyant souvent à des téléfilms ou des séries plutôt qu’à des films, tiré du magazine « Première » (source manquante), signé Dominique Maillet et accompagné de l’affiche de la manifestation.

 

Voici l’article original retranscrit et agrémenté d’illustrations des films cités.

 

/ NICE /

/Quelques drapeaux flottaient sur la Promenade des Anglais, déserte en cette saison. Là, quelques affiches nous informaient que se tenait à Nice le premier Festival du cinéma italien. Faisant bêtement confiance à la publicité – rendons justice à notre époque ! – nous avons donc fini par nous convaincre que nous étions bien en période de festival ! Malgré le calme ambiant, les salles à demi-vides et les fins de soirées sans bousculade, pas de doute possible à ce sujet. Le champ d’action des festivaliers était d’ailleurs parfaitement délimité : sur une centaine de mètres, des ampoules électriques aux couleurs franco-italiennes délimitaient sans erreur possible le lieu des événements. Malheureusement, malgré tous nos efforts et notre bonne volonté, nous avons dû nous rendre à l’évidence : « Nice-Cinecitta », premier du nom, était bien davantage une fête paroissiale – quelques fois drôle, souvent « ringarde » (n’est-ce pas Monsieur Aldo Maccione, le présentateur !) – qu’un festival de cinéma. Remarquez, c’est sympathique, l’ambiance « patro » !

I viaggiatori della seraParmi les cinquante-six films présentés, signalons quand même – hormis les grands classiques – un film d’anticipation réalisé par Ugo Tognazzi, « Le voyageur de la nuit » [I viaggiatori della sera, 1979]. Une société parvenue à son point de rupture puisque les jeunes prennent le pouvoir. Le film important d’un comédien qui approche la soixantaine et voit d’autres générations prendre le relais. Un film parfois amer, souvent drôle, avec une pointe de révolte.

« L’imprévu » d’Edith Brück [Improvviso, 1979], c’est la vie étouffante d’un adolescent dont la quête libertaire passera par le meurtre stupide d’une jeune étrangère. Une œuvre peut-être trop démonstrative, mais révélatrice d’un univers où le rêve entre violemment en conflit avec une réalité contraignante.

Improvviso
Andréa Ferréol, Giacomo Rosselli et Valeria Moriconi (Improvviso).

Notons encore, juste pour mémoire, une « Histoire sans parole » de Biagio Proietti [Storia senza parole, téléfilm] ; et « Jazz band » [mini série], gentil film sans prétention de Pupi Avati. Et un film d’Alberto Bevilacqua postérieur à « La Califfa » – et nettement moins bon – « Questa specie d’amore » [titre français : Un amour insolite]. Uniquement pour Jean Seberg !

Questa specie d'amore
Eva Aulin, Ugo Tognazzi et Jean Seberg (Un amour insolite).

Enfin un film qui passa parfois pour la révélation du festival, « Une année scolaire » [Un anno di scuola, téléfilm] de Franco Geraldi [Giraldi] : dans une Trieste encore autrichienne, une jeune fille se comporte en garçon – ou presque – avant que son état de femme, détonateur de nombreux drames, ne l’éclabousse et ne la meurtrisse. A suivre : Laura Lenzi, la jeune fille en question, qui n’est pas sans évoquer Dominique Sanda.

Au bout du compte, voilà un festival qui pourrait renaître dès décembre prochain puisqu’il est prévu d’en modifier les dates afin de ne plus se heurter à la concurrence de Berlin et Cannes. Un festival qui, espérons-le, nous fera connaître un cinéma italien de réelle qualité. Alors oublierons-nous peut-être la morosité d’une première manifestation s’ouvrant sur un hommage aux disparus (certes Anna Magnani, mais quand même !) et ponctué par un film peu intéressant de Martin Scorsese, « L’Italo-américain » [Italianamerican, 1974], où celui-ci nous conte, à travers ses parents, ce que fut son émigration. Curieuse façon de célébrer l’actualité d’un pays auquel on consacre une semaine de cinéma, non ? /