Les petites mains de Villefranche-sur-mer (2)

L'article en PDF de Nice-Matin cité dans la vidéo : "La doublure préférée de David Niven est un Niçois" [1968 ; source manquante]

Alberto Codecasa avec Roger Moore, tournage à Nice d'Amicalement vôtre... (1970) - Il était sa doublure lumière

Entré dans le métier en 1962, Alberto dit « Albert » Codecasa était connu à Nice et à Villefranche-sur-mer, où il s’était installé, comme doublure de vedettes pour le cinéma et la télévision*, « doublure lumière », précise sa fille Martine, rencontrée grâce à l’Amicale de Villefranche, qui nous a une fois de plus permis d’illustrer cet article. 

Présent sur les plateaux au moment de la mise au point, Alberto Codecasa, qui fut également dans la foulée cascadeur, mannequin, comédien** et assistant-réalisateur***, a notamment travaillé avec Jean-Paul Belmondo, David Niven (1) et Roger Moore [à droite, en compagnie de Codecasa] en tournage sur nos terres, aux Studios de la Victorine et à proximité, dans les départements des Alpes-maritimes et du Var, en Corse, à Monaco mais aussi en Italie.

Nous avons demandé à Jean-Louis Pagnotta de l’Amicale, qui a été son ami, de nous dire un mot sur lui et de nous lire un passage de l’article que lui avait consacré Nice-Matin évoquant l’amitié entre Codecasa et David Niven à l’époque du Cerveau (1969). Lecture et commentaire que nous avons monté dans la vidéo, postée plus haut, avec les images Super 8 du tournage du film enregistrées en amateur par le machiniste Dimitri Batritchevitch.

Alberto Codecasa dans un Gendarme...

Filmographie

*Christopher Plummer dans La Fantastique histoire vraie d’Eddie Chapman (1966, Terence Young) et Waterloo (1970, Sergei Bondarchuk) ; Kerwin Mathews dans OSS 117 se déchaîne (1963, André Hunebelle) et Le Vicomte règle ses comptes (1967, Maurice Cloche) ; Paul Henreid dans La Folle de Chaillot (1969, Bryan Forbes) ; David Niven dans Le Cerveau (1969, Gérard Oury) ; Roger Moore dans « Premier contact » (n°1), « Les Pièces d’or » (n°2), « La Danseuse » (n°5), « Le Complot » (n°6) et « Un ami d’enfance » (n°10), épisodes en partie tournés sur la Côte d’Azur de la série Amicalement vôtre (1971-72) ; Jean-Paul Belmondo…

**Dans Le Gendarme de Saint-Tropez (1964) de Jean Girault [Codecasa y est un gendarme, voir photo] ; Grand Prix (1966) de John Frankenheimer [en tant que comédien et/ou cascadeur] ; Le Démoniaque (1968) de René Gainville [on le voit à la fin du film, voir diaporama] ; Les Cracks (1968) d’Alex Joffé [en tant que comédien et/ou cascadeur].

***De Ken Annakin et Sam Itzkovitch pour Gonflés à bloc (1969).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

(1) Acteur familier de bien des Villefranchois – qu’ils voyaient souvent à la sortie de l’école, jouant aux boules, naviguant, ou bien, pour certains, quand ils se rendaient chez lui réaliser des travaux d’aménagement -, résidant chaleureux et paisible de la villa la Fleur du Cap, une des plus belles propriétés des alentours, située sur la baie des Fourmis à Saint-Jean-Cap-Ferrat, où se trouve désormais une place « David Niven ».

Menton, à l’arrêt

La douane de MentonTrois films, Le Corniaud (Gérard Oury, 1964), Chacal (Fred Zinnemann, 1973) et La Chambre du fils (Nanni Moretti, 2001), passent, de l’Italie vers la France, le fameux poste-frontière de Menton, superbe rampe reliant la plage aux collines, non sans quelques gorges serrées et un certain vague à l’âme…

 

Le Corniaud« Ya rien Monsieur le Commissaire ! » C’est la scène qui a rendu immédiatement célèbre le poste-frontière de Menton : la fouille jusqu’à l’os de la Cadillac du Corniaud à l’endroit de l’ancienne douane, pont Saint-Louis. L’Europe tenait encore ses frontières étanches et pour lutter contre toute forme de trafic ou d’abus, n’importe quel véhicule pouvait arbitrairement faire l’objet d’une inspection. Il existe toujours des quantités d’importation autorisées, mais il y a peu de chance que l’on vous arrête aujourd’hui pour vérifier si vous n’avez pas trop acheté d’anisette ou de prosciutto de retour de Vintimille !

Le Corniaud 3 Sur le plateau du Corniaud à Menton : archive INA

 

The Day of the Jackal

Le loup entre dans la bergerie. Toujours sur le même périmètre mais dans un style nettement plus réaliste, le tueur à gages qui donne son titre au film, Chacal, parti de Gênes, est sur le point d’entrer en France pour exécuter une opération qui échouera de peu : l’assassinat du Président De Gaulle, après la faillite en 1962 de l’attentat dit du « Petit-Clamart ». Un contrôle de routine plus tard, le « Chacal » déboulera à Nice à la réception du Negresco…

 

La Stanza del figlio (1)La Stanza del figlio (2)A l’aube, pont Saint-Ludovic. C’est la conclusion de La Chambre du fils, mélodrame articulé autour du deuil d’un enfant : Giovanni roule toute la nuit d’Ancône jusqu’à Menton, destination inattendue que découvrent à leur réveil son épouse, sa fille et deux autres jeunes, apprentis auto-stoppeurs en route pour la France, que Giovanni avait proposé d’avancer au niveau de Gênes. Nanni Moretti se souvient du tournage de cette séquence :

« Je ne connaissais pas cette ville [Menton]. Alors que je tournais encore le film à Ancône, j’ai envoyé d’abord le directeur de production, puis le décorateur faire des repérages filmés. Je les ai vus, ils me convenaient. Naturellement, pour obtenir cette lumière-là, j’ai tourné deux jours de suite, à l’aube, parce que dans la séquence nous sortons d’un tunnel et, à chaque fois, nous devions faire demi-tour, prendre le tunnel dans l’autre sens, faire demi-tour et reprendre le tunnel. Et la lumière changeait très vite : quatre prises et nous avions quatre lumières différentes. La première, il y avait encore toutes les lumières de la nuit. Puis, ce n’était plus illuminé par les lumières artificielles mais il n’y avait pas encore le soleil. Puis il y avait le premier rayon du soleil – c’est la prise que j’ai choisie -, puis il y avait trop de soleil et donc il y avait trop de différence de diaphragme, et le soleil en direction de Menton. Je ne pouvais faire une nouvelle prise que toutes les dix minutes, parce qu’après chaque prise, je devais remonter en voiture, refaire tout le tour, retourner dans le tunnel qui entrait en Italie et revenir au poste-frontière. Menton a deux ou trois postes-frontière, que j’ai découverts sur les enregistrements ; j’en ai retenu un pour sa construction et pour sa situation, avec la ville dans le fond. Je suis arrivé un jour avant pour effectuer mes propres repérages. » (in Jean A. Gili, « L’autobiographie dilatée – Entretiens avec Nanni Moretti », Rouge Profond, 2017, pp. 106-107).

La Stanza del figlio (3)