Quarante ans d’écrans à Nice

Nice et le cinéma (1)Nice et le cinéma (2)

Nice et le cinéma, une très longue histoire d’amour, article de Nelly Nussbaum publié dans le n°52 de « #NOUS », supplément de « Nice-Matin », le samedi 27 avril 2019.

Nice sans Nice

Nice à la Libération

« Où est passée Nice ? » pourrait-on se demander à la vision de La Promesse de l’aube, la nouvelle adaptation du roman éponyme et autobiographique de Romain Gary sortie en salles avant les fêtes.

Nice, pourtant très importante dans le récit des aventures du jeune Gary, demeure dans le film un parfait mirage. Outre de courtes scènes filmées sur place dans la cité marchande de la Buffa, si chère à Gary – Mina sa mère y faisait les courses pour les clients de son hôtel, la pension Mermonts, située en bas de l’actuel boulevard François Grosso (où se trouve aujourd’hui une plaque à la mémoire de l’artiste et du héros) -, un paysage du Vieux-Nice, authentique ou non, et un célèbre point de vue de la ville après la guerre, retouché pour l’occasion, c’est ailleurs, et parfois tout près, qu’Eric Barbier, le réalisateur, a réinventé la ville qui avait tant fasciné et inspiré l’écrivain.

Tourné davantage à l’étranger qu’en France, c’est notamment en Italie du Nord, en Ligurie, dans la province d’Imperia, à Vintimille, Bordighera et San Remo, et en Hongrie (la production s’est également rendue dans le Sud de l’Italie, à Bari et à Matera pour figurer un village mexicain, en Belgique et au Maroc) que le film a pu trouver les lieux enchanteurs et la douceur d’un temps révolu, envolés avec la Nice contemporaine.

Voici quelques images annotées de la Nice imaginaire tirées de La Promesse de l’aube et de son tournage.

 

Gare de Budapest-Nyugati (2)Gare de Budapest-Nyugati (1)GARE DE NICE-VILLE. Après examen du plan de making-of sur le quai de gare, une affiche en arrière-plan, derrière la verrière, celle du court-métrage hongrois Mindenki (sorti en 2016 et primé aux Oscars), détail effacé au montage, m’a permis d’identifier la gare en question. Le film ayant été tourné à Budapest pour les séquences se déroulant à Vilnius en Lituanie, il s’agit donc de la gare de Budapest-Nyugati, construite par la société Eiffel et conservée à l’identique. Les guichets de la gare, également exploités dans le film, ne semblent en effet pas avoir bougé depuis 1877 !

 

Arrivés à Nice (1)Arrivés à Nice (2)L’ATTRAIT DU BLEU. Mina et son fils arrivent à Nice et s’installent dans une avenue Shakespeare de cinéma (la vraie se situant à l’Ouest de la ville, dans les environs de la Cathédrale orthodoxe Saint-Nicolas), donnant sur la mer et les clochers de la Vieille Ville. Le premier plan est tourné en Italie, à Bordighera Alta sur la via Dritta, et le suivant, vraisemblablement à Nice, bien que j’ai l’impression qu’il s’agisse d’un faux.

 

Pension MermontsLA PENSION MERMONTS. Ancien hôtel désaffecté situé près de la mairie de Bordighera Alta, cette nouvelle pension Mermonts fut rafraîchie et réaménagée d’époque (les années 20-30) pour le film. On reconnaît à gauche une partie du ficus géant (concurrent du fameux spécimen du musée Bicknell de Bordighera) qui marque l’entrée du vieux village. Je me souviens avoir constaté en m’y baladant l’année dernière que l’hôtel semblait avoir été réparé, sans savoir encore que le cinéma était passé par là…

 

girano film a bordighera

MAISON SERUSIER. De nouveau à Bordighera, mais cette fois dans le centre-ville. Une boutique très ancienne, Richetta, fermée depuis quelques années, au numéro 147 de la via Vittorio Emanuele II, l’avenue centrale, ressuscite le temps de la scène chez l’antiquaire où Mina accompagnée de Romain cherche à vendre son samovar « historique ».  Sur l’aperçu de la carte Google à l’adresse de la boutique, on peut toujours lire l’inscription créée pour le film, « Maison Serusier, Orfèvre-Antiquaire », sur la vitrine du magasin.

 

4BAINS JETÉE-PROMENADE. Même pour une scène aussi anodine que celle de Romain Gary jeune homme sur la plage de la mythique Jetée-Promenade encore sur pied, ajoutée numériquement dans le film dans un coin de l’image, c’est à Vintimille qu’elle fut réalisée, sur la plage de Marina San Giuseppe, où l’accès et le terrain sont plus praticables qu’à Nice. Au sujet de la Jetée-Promenade (à laquelle le musée d’Archéologie rendra bientôt hommage), on l’apercevra de nouveau vers la fin du film, dans le panoramique pris de la colline du Château, complètement désossée, à la Libération de Nice (voir le photogramme en haut de l’article).

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