« Comme je suis né en 1931, …

Affiche du Paris Palace dans A PROPOS DE NICE
Une affiche du Paris Palace annonçant Terre de volupté (1929), dans A propos de Nice (1930).
Münchhausen
Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen (1943).

… j’ai évidemment connu le Paris Palace. On y allait peu souvent car c’était un des cinémas les plus chers de Nice, avec l’Escurial et les Variétés notamment. Les salles de mon quartier étaient moins chères : le Pax, le Central, l’Esplanade… D’abord, je me souviens de son toit ouvrant, ouvert les soirs d’été – la climatisation n’existait pas ! Ensuite, je me souviens de la musique diffusée à l’entracte : souvent la même, répétitive, le Boléro de Ravel, je crois. Le projectionniste devait manquer de disques ! C’était une très belle salle.

Je me souviens peu des films que j’ai pu y voir sauf un : Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen, film de prestige allemand de Josef von Báky tourné en Agfacolor pour un anniversaire de l’UFA (Universum Film AG) en 1942 ou 43. Honte à moi d’avoir voulu voir un film allemand sous l’Occupation, parce que je voulais voir un film en couleurs ! Les films américains n’étaient plus distribués depuis décembre 1941 avec l’entrée en guerre des Etats-Unis… Mais j’avais 11 ans et ce film que l’on revoit quelque fois à la télévision n’était pas un film de propagande. »

Paul Carenco, Montferrier-sur-Lez, 2019.

Le Paris Palace dans la presse locale

30/05/1927, "Le Petit Niçois" : "Les colonies françaises" : une conférence de Léon Barety au Paris-Palace de Nice à l'occasion de la semaine coloniale.

23/01/1931, "Le Petit Niçois" : Institut colonial de Nice dans la salle du Paris Palace : discours du général Maroix et de Mgr Paul Remond, chef du diocèse de Nice.

03/01/1935, "Le Petit Niçois" : Joseph Cabanne, directeur du Paris-Palace-Cinéma à Nice, meurt des suites de son accident intervenu le 26 décembre 1934, biographie, suite le 04/01.

17/11/1938, "L'Eclaireur de Nice et du Sud-Est" : Présentation au Paris-Palace du film de Mario Radouaille, Oliviers et moulins du pays niçois.

22/09/1971, "Nice-Matin" : Au cinéma Paris-Palace de Nice, présentation du film de Philippe Labro, Sans mobile apparent, avec Jean-Louis Trintignant, Sacha Distel et Stéphane Audran.

 

Entretiens Prise 2, n°1

« Mémoires et fous rires d’un projectionniste niçois » (40 min)

A écouter ici : Entretien Prise 2 n°1, Jean-Pierre Pierucci

Jean-Pierre Pierucci, que tout le monde appelle ‘Pinko’, opérateur pendant des décennies dans les plus grands cinémas de Nice tels que l’Escurial, le Rialto et le Variétés, où Raphaël fit sa connaissance en 2005, un an avant son départ à la retraite lors d’une soirée Star Wars, nous avait accordé un entretien en septembre 2016, qui fut aussi filmé, pour une web-série sur Nice, projet de notre association née quelques jours avant la rencontre, pour le moment reporté. 

Jean-Pierre Perrucci à l'Espace MagnanDe gauche à droite : Ettore Scola, Jean-Pierre Pierucci, notre projectionniste, Marcello Mastroianni et Jean A. Gili à l'Espace Magnan en janvier 1986 lors des Journées du cinéma italien. La venue de Marcello à Nice fut racontée par Jean Gili, trente ans plus tard, au micro de France Inter dans l'émission "On aura tout vu" : Spéciale Marcello Mastroianni. On en trouve aussi la trace dans le documentaire "Ma Madeleine de Nice" (2018) à travers, de mémoire, le livre d'or du restaurant Poupon et Marinette, qui a fermé depuis peu. 
Photo, collection privée.
Le Ciné MagnanLe Ciné Magnan en 1996, l'ancienne salle de quartier située avenue de la Californie, que fréquentait le petit Jean-Pierre, Niçois du quartier de la Madeleine, qu'il n'a jamais quittée, et fils d'immigrés italiens partis de Città di Castello en Ombrie, "le pays de Monica Bellucci", comme il aime à le rappeler, et comme de très nombreux immigrés italiens installés à Nice et notamment à la Madeleine. Parallèlement au métier de projectionniste, Jean-Pierre Pierucci fut également braseur chez Unic, fabricant de machines à café, d'abord à Nice, à la Madeleine, puis à Carros, où l'usine a déménagé. 
Photo, collection Prise 2.