Les cahiers d’une spectatrice (2)

Aller à la première partie

Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°1 Hommes
Jaque-Catelain à gauche et six fois Lionel Barrymore à droite.
Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°2 Femmes Suite - Elsa Lanchester, Binnie Barnes, toutes les deux vues dans LA VIE PRIVEE D'HENRY VIII
Merle Oberon en haut à gauche, Wendy Barrie en bas à gauche, Elsa Lanchester en haut à droite et Binnie Barnes en bas à droite.

Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°2 Femmes

Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°3 Couples Suite
Mamo Clark et Clark Gable tournant « Les Révoltés du Bounty » (1935) à gauche, trois fois Ginger Rogers et une fois Fred Astaire à droite.
Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°2 Couples Suite
Samson Fainsilber et Marguerite Weintenberger dans « Jocelyn » (1933).
Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°3 Couples
Maria Alba et Douglas Fairbanks dans « Robinson moderne » (1932).
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Les cahiers d’une spectatrice (1)

Aller à la deuxième partie

Cahier de Cinéma, Ariane de Gueyer n°1 Hommes, couverture
Ramon Novarro en couverture du premier cahier « Hommes ».

Ariane de Gueyer (1920-2018), adolescente dans les années trente à Nice, elle habite 7 avenue Bellevue, et spectatrice de cinéma, s’amuse pour passer le temps, avec sa cousine Valérie, à composer dans des cahiers d’école (elle en fait également pour ses lectures) des inventaires d’acteurs, découpant dans les programmes distribués dans les salles et la presse cinématographique de l’époque, « Cinémonde » par exemple, les photos d’acteurs et d’actrices qu’elle a vu sur grand écran.

Classés selon trois catégories, « Hommes », « Femmes » et « Couples », ces cahiers esquissent les filmographies de petites, grandes, voire futures vedettes internationales, acteurs européens et américains de premier ou de second plan, par l’association de photos, légendées ou non, noms, rôles et titres de films. Lubie passagère, ces cahiers, inachevés pour certains, seront finalement abandonnés.

La famille d’Ariane a retrouvé également, en plus des cahiers, des documents et des informations liés à Nicolas Rimsky, acteur russe présent dans un cahier « Hommes », parent par alliance des de Gueyer, ainsi qu’une lettre évoquant la participation de leurs ancêtres à des tournages de cinéma à Nice et citant le film muet Impéria (1920) pour lequel ils auraient été figurants.

Gentiment prêtés par la fille d’Ariane de Gueyer, Marie-Ange, nous avons reproduit quelques pages des cahiers d’Ariane et des documents glissés à l’intérieur.

Parmi les cinémas niçois qu’Ariane fréquente, il y a le « Mondial » (Prise 2 possède un programme de 1922 de ce cinéma), une des plus grandes salles de la ville d’alors, situé au numéro 5 de l’ex-rue Pétain, l’actuelle rue de la Liberté, et le « Rialto ».
Le Mondial (1)Le Mondial (2)
Cartes promotionnelles (recto-verso) des films La Chanson de l'adieu (1934) diffusé au "Mondial" et des Trois mousquetaires (1932) diffusé en deux parties au "Rialto".

Rialto (1)Rialto (2)

 

Les cinémas à Nice, exposition

Carton d’invitation recto-verso du vernissage de l’exposition « Les Cinémas Niçois, 1896-1969 » organisée en 1996 par les Archives Municipales de la Ville de Nice.

Les Cinémas Niçois (1)Les Cinémas Niçois (2)

Nice Cadeim (l’Action Culturelle Municipale) avait édité pour l’occasion un fascicule reprenant des éléments de l’exposition dont quelques photos réalisées par Pierre Padovani, auteur présumé de la photo du cinéma Le Royal, autrefois situé avenue Malausséna, ci-dessus.

Merci à Benoît Grimalt pour nous avoir transmis la copie de ce document du musée personnel d’Emile Martin.

 

La Comédie du train des Pignes (1975)

Nous remercions José Banaudo, membre fondateur du Groupe d’Etude pour les Chemins de fer de Provence, pour le partage de ce souvenir.

La Comédie du train des Pignes

« Je me souviens bien de ce film qui avait été projeté à la MJC niçoise de Magnan en 1975, alors que la ligne Nice – Digne des Chemins de fer de Provence était sérieusement menacée de fermeture, ce qui venait d’entraîner quelques mois auparavant la création de notre association GECP pour la défense et la promotion de ce service public ferroviaire. Le but annoncé du film était de prendre lui aussi la défense de la ligne. Pourtant, après l’avoir visionné, la plupart d’entre nous avions jugé sa démarche trop « intellectualo-parisienne » et si éloignée de la réalité de ce train, que l’effet ressenti était l’inverse de celui souhaité : musique lancinante, gros plan insistant sur des rails tordus, interview d’un cheminot dans une épave d’autorail en attente de démolition, rôle totalement décalé de Philippe Léotard en mécanicien d’opérette… Il en ressortait une impression de désespoir et de résignation, aussi le spectateur non averti ne pouvait que conclure : « Cette ligne ne sert plus à rien, on peut la fermer »… Nous étions dans la salle un petit nombre de défenseurs de la première heure de ce train menacé, et nous avions tenté d’en débattre avec le réalisateur François de Chavanes. Malheureusement celui-ci avait coupé court à la discussion, estimant que nous n’avions rien compris à sa démarche artistique…

Depuis cette présentation il y a maintenant 43 ans, nous n’avons jamais eu l’occasion de revoir ce film et nous ne connaissons personne qui en ait une copie. Si c’était le cas, nous aimerions bien en avoir une pour les archives de l’association car ce film est typique de son époque et, avec le recul, peut-être le percevrions-nous autrement aujourd’hui ? »

José Banaudo, 2018.

"La Comédie du train des Pignes" (1975) de François de Chavanes a dernièrement été diffusé à Paris en 2018 et à Digne en 2014.

 

« Fin des années soixante-dix…

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… il y avait un cinéma à Nice boulevard de la République au numéro 52, le Rio, où se trouve actuellement le Maxi bazar, avec des strapontins en bois qui passait depuis je ne sais plus combien d’années le film Woodstock – je suis né en 62 -, également un temps Orange mécanique. Le prix d’entrée était modeste, le film culte, la possibilité de s’installer comme on voulait et de fumer dans la salle nous engageaient régulièrement le mercredi, ou le jeudi je ne sais plus, à y passer nos après-midis avec mon pote d’alors Pierrot.

Dans un autre genre, je me souviens au début de l’année 1980 de la sortie de Grease au cinéma Gaumont sur l’avenue Jean Médecin, désormais le Pathé Masséna, qui entraînait chaque jour son lot d’animations, de débordements et de séances joyeuses par la jeunesse dorée et insouciante de cette époque. Certains s’en souviennent encore, c’est une période bien connue à Nice ! »

Frédo, Nice, 2017.

Nice et la mémoire du cinéma

lieux-memoire-nice-cinema

Noms de rue, de salles, de collèges ou de théâtres, plaques commémoratives, voici notre petit répertoire de la ciné-mémoire dans la ville.

Jean Vigo 
Paris 1905 – 1934
Période d’activité cinéma : de 1930 à 1934
Jean Vigo travaille en 1928 comme aide-opérateur à la production Franco-Film aux studios de la Victorine. En 1930, dans le cadre de la série Cités Symphonies, il réalise avec Boris Kaufman « A propos de Nice », un court documentaire muet, tourné en un jour dans la ville. Dans le communiqué de presse qui accompagne la sortie du film, Vigo écrit : « Ciel bleu, maisons blanches, mer éblouie, soleil, fleurs multicolores, cœur en liesse, telle apparaît d’abord l’ambiance niçoise. Mais ce n’est là que l’apparence éphémère, que la mort guette, d’une ville de plaisirs. » (Vigo chez les curistes)
– La salle Jean Vigo, qui accueille quelques fois des projections, est la salle de spectacles de l’Espace Magnan, situé rue Louis de Coppet derrière le collège Daudet et la piscine Jean Médecin.
– La rue Jean Vigo, à l’Arénas, non loin des Studios Riviera (ex-Victorine), serait l’un des lieux les moins fréquentables de Nice. « L’œil anarchique » ne pouvant y demeurer serein (Nice-Matin), le nom de Jean Vigo désignerait à Nice, aujourd’hui plus que jamais, le malaise qui étrangle la ville.

Romain Gary
Empire russe, Vilna 1914 – Paris 1980
Période d’activité cinéma : de 1958 à 1971
Réalisateur de deux films avec Jean Seberg, « Les Oiseaux vont mourir au Pérou » (1968) et « Police Magnum » (1971), Romain Gary a fait l’objet de plusieurs adaptations au cinéma : « Clair de femme » de Costa-Gavras, « La Vie devant soi » de Moshé Mizrahi, « Lady L », tourné à Nice en 1965, et « La Promesse de l’aube », pour deux versions, une en 1970 et l’autre en 2017, toutes deux tournées à Nice (bien que très peu pour la deuxième), ou encore « Dressé pour tuer » (d’après « Chien blanc »), l’électrochoc de Samuel Fuller.
– Une plaque commémorative Romain Gary a été inaugurée en 2013 aux Pervenches, 7 boulevard François Grosso, autrefois pension Mermonts gérée par Mina la mère de Gary où cet « enfant de Nice » vécut de 1930 à 1933 (La Croix). Une résidence universitaire Romain Gary existe aussi près du campus de Saint-Jean-D’Angely.

Marcel Pagnol 
Aubagne 1895 – Paris 1974
Période d’activité cinéma : de 1933 à 1967
Réalisateur de presque vingt films pour le cinéma, également scénariste et dialoguiste, Marcel Pagnol est mobilisé au 163e régiment d’infanterie de Nice en 1914 ; une plaque sur la façade du Palais Rusca commémore le départ du régiment.
– Très en pente et uniquement résidentielle, la rue Marcel Pagnol se trouve à Saint Sylvestre. Proche de la Villa Arson, elle rejoint celle du pater provençal, l’avenue Frédéric Mistral.

Sacha Guitry
Russie, Saint-Pétersbourg 1885 – Paris 1957
Période d’activité cinéma : de 1914 à 1957
Acteur, réalisateur, scénariste et dialoguiste, comme Marcel Pagnol, Sacha Guitry a souvent porté ses propres pièces à l’écran. Il possédait à Nice une vaste résidence sur la colline de Cimiez, avenue Emile Bieckert, qui abrite désormais un hôtel de charme, Le Petit Palais.
– En plein centre de Nice, la rue Sacha Guitry, cachée par les Galeries Lafayette et accessible par la place Masséna, abritait jadis le théâtre Sacha Guitry, plus tard aménagé en restaurant. La « salle » deviendra le temple du Chef Jacques Maximin puis sera gérée par La Brasserie Flo et par les Brasseries Georges, ces derniers la rénovèrent entièrement. Le local est actuellement inoccupé.

Pierre Brasseur
Paris 1905 – Italie, Brunico 1972
et
Michel Simon
Suisse, Genève 1895 – Bry-sur-Marne 1975
Monstres sacrés des planches et du grand écran, Pierre Brasseur, qui fut aussi metteur en scène de théâtre, et Michel Simon se sont retrouvés plusieurs fois au cinéma. Dans « Le Quai des brumes » ou « Deux heures à tuer », mais surtout dans « La Plus belle soirée de ma vie », dernier film de Pierre Brasseur, qui décéda à la fin du tournage ; épisode raconté par Claude Dauphin dans ses « Derniers trombones ».
– Le Théâtre National de Nice (TNN), sur la Promenade des Arts, possède depuis 1989 deux salles de représentation : la salle Pierre Brasseur, la plus grande du théâtre, et la salle Michel Simon, un amphithéâtre plus intimiste.

Henri Langlois
Turquie, Smyrne 1914 – Paris 1977
Période d’activité cinéma : de 1935 à 1977
Henri Langlois est l’un des créateurs de la Cinémathèque française et le fondateur du Musée du cinéma. Figure très controversée de son vivant, son travail à la Cinémathèque fut salué par un Oscar à Hollywood en 1974. Un long documentaire lui a été consacré, « Le Fantôme d’Henri Langlois » en 2004, ainsi qu’une exposition « Le Musée imaginaire d’Henri Langlois », dix ans plus tard à la Cinémathèque française.
– Salle unique de la Cinémathèque de Nice, la salle Henri Langlois est à Acropolis, 1 esplanade Kennedy : on la trouve entre le Palais des Congrès et le bowling.
Langlois, accompagné de Dennis Hopper, avait inauguré peu avant sa mort la Cinémathèque de Nice, alors installée au Vieux-Nice. Cinémathèque dont il avait permis l’édification.

Jean Giono
Manosque 1895 – 1970
Période d’activité cinéma : de 1958 à 1963
Le plus souvent collaborateur, pour des courts-métrages, des documentaires ou des scénarios, Jean Giono ne réalisera seul qu’un seul film : « Crésus » avec Fernandel. Adapté au cinéma par Pagnol notamment, Giono supervisera lui-même la transposition, mal connue et pourtant superbe, de son roman « Un roi sans divertissement », sous l’égide de sa société de production Les films Jean Giono.
– Le collège Jean Giono est situé à Saint Roch rue Humbert Ricolfi.

Maurice Jaubert
Nice 1900 – Baccarat 1940
Période d’activité cinéma : de 1922 à 1939
Compositeur de musique de film pour Renoir, Vigo, Clair, Duvivier, Carné ou Pabst, Maurice Jaubert sera célébré par Truffaut à titre posthume dans les années 70.
« Plus méconnu qu’inconnu donc, ce Niçois Jaubert, épris de lumière méditerranéenne et d’arrière-pays secrets, ce catholique fervent, enfant de la bourgeoisie précoce en tout et « un peu trop bon élève » (il devient avocat à 19 ans), dont la vie brève mais dense, scandée de choix éthiques et politiques courageux dans l’entre-deux-guerres, se fracassa net au bois d’Azerailles en Lorraine pendant la bataille de France, cette même bataille qui enleva Nizan à la littérature, et fit de Claude Simon l’immense écrivain que l’on sait. » (Libération)
– Le collège Maurice Jaubert est à l’Ariane, cours Albert Camus. C’est en s’y rendant pour une rencontre avec des élèves que Maryline Desbiolles a eu l’idée d’écrire sur lui (Lire notre post précédent).

Lino Ventura
Italie, Parme 1919 – Saint-Cloud 1987

Acteur incontournable du cinéma populaire français des années 50 à 80, il a parallèlement travaillé au soutien des enfants handicapés et de leurs parents avec son association Perce-Neige, aujourd’hui fondation.
– A un kilomètre du collège Maurice Jaubert, le Théâtre Lino Ventura est avec le Palais Nikaïa la salle de concert la plus périphérique de la ville. Domicilié depuis 1992 sur le boulevard de l’Ariane, le Théâtre est devenu avec le temps la salle la plus branchée de Nice et des alentours.

Plus : il existe aussi une allée Gaby Morlay à Fabron, un square Jean Gabin place Pellegrini et une rue Joseph Kosma, grand compositeur de musique de films et notamment de la célèbre chanson « Les Feuilles mortes » d’abord entendue dans Les Portes de la nuit de Marcel Carné.

Le Rialto extra large, 1er don !

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Don de M. Perrucci, le 26/09/2016.

Le cinéma Rialto comme vous ne l’avez probablement jamais vu !

Nous devons cette perle rare à M. Perrucci, ancien projectionniste du cinéma Rialto à Nice, qui nous a fait don de cette splendide photographie.

Le cinéma, qui fonctionnait alors en salle unique, et qui était pionnier en matière de nouvelles techniques, avait aménagé ses locaux au début des années 60 pour accueillir des projections dites en Cinérama, un procédé d’immersion prônant la démesure et la déformation permanente du champ et de l’espace au profit de la sensation pure.

Une installation fort peu répandue en France qui permettait de voir des films sur un écran très large et courbé, subtilement divisé en trois portions lorsque l’on y passait les très rares films, dix en tout, tournés directement en Cinérama (avec une caméra triple), tel l’illustre « Conquête de l’Ouest » (1962) dont la récente restauration numérique a bien su préserver l’entreprise de « super-cinéma » d’antan, jusqu’à l’améliorer.

Au sujet des dons, cinéphiles et niçophiles, nous attirons votre attention sur la collecte lancée par l’Association Prise 2.

En vue d’organiser prochainement une exposition sur ce thème, nous vous invitons à partager avec nous vos connaissances et vos trésors sur l’Histoire (et l’avenir !) du cinéma à Nice et en région PACA.

Salles de cinéma, tournages de films, manifestations locales (festivals, soirées, expositions, ciné-clubs), tout nous intéresse.

Vous avez peut-être chez vous, ou en vous, quelque chose dont vous ne soupçonnez pas la valeur !

Photos, cartes postales, affiches, revues, tickets, programmes, objets souvenirs, copies de films (tous supports), liens Internet, tout peut faire l’objet d’un don.

Votre témoignage ou celui d’un proche aussi !

Collectionneur, vous voulez mettre en valeur votre patrimoine ? Devenez membre d’honneur de notre association et bénéficiez de notre aide afin de réaliser ensemble votre catalogue.

Vous êtes sensibles à notre projet, devenez membre de l’Association Prise 2 et rejoignez notre plateforme collaborative. Il y a mille façons d’adhérer.

Merci de faire passer le message en transmettant cet article à un ami ou un proche !

A très bientôt sur notre blog et sur notre page Facebook.

Toute l’équipe de Prise 2