Premier festival italien à Nice

QFestival italien Nice 1980ue reste-il des premiers pas du festival italien organisé à Nice en mars 1980 par la Ville de Nice et son comité des fêtes ?

Au moins ce compte-rendu, pas toujours tendre et renvoyant souvent à des téléfilms ou des séries plutôt qu’à des films, tiré du magazine « Première » (source manquante), signé Dominique Maillet et accompagné de l’affiche de la manifestation.

 

Voici l’article original retranscrit et agrémenté d’illustrations des films cités.

 

/ NICE /

/Quelques drapeaux flottaient sur la Promenade des Anglais, déserte en cette saison. Là, quelques affiches nous informaient que se tenait à Nice le premier Festival du cinéma italien. Faisant bêtement confiance à la publicité – rendons justice à notre époque ! – nous avons donc fini par nous convaincre que nous étions bien en période de festival ! Malgré le calme ambiant, les salles à demi-vides et les fins de soirées sans bousculade, pas de doute possible à ce sujet. Le champ d’action des festivaliers était d’ailleurs parfaitement délimité : sur une centaine de mètres, des ampoules électriques aux couleurs franco-italiennes délimitaient sans erreur possible le lieu des événements. Malheureusement, malgré tous nos efforts et notre bonne volonté, nous avons dû nous rendre à l’évidence : « Nice-Cinecitta », premier du nom, était bien davantage une fête paroissiale – quelques fois drôle, souvent « ringarde » (n’est-ce pas Monsieur Aldo Maccione, le présentateur !) – qu’un festival de cinéma. Remarquez, c’est sympathique, l’ambiance « patro » !

I viaggiatori della seraParmi les cinquante-six films présentés, signalons quand même – hormis les grands classiques – un film d’anticipation réalisé par Ugo Tognazzi, « Le voyageur de la nuit » [I viaggiatori della sera, 1979]. Une société parvenue à son point de rupture puisque les jeunes prennent le pouvoir. Le film important d’un comédien qui approche la soixantaine et voit d’autres générations prendre le relais. Un film parfois amer, souvent drôle, avec une pointe de révolte.

« L’imprévu » d’Edith Brück [Improvviso, 1979], c’est la vie étouffante d’un adolescent dont la quête libertaire passera par le meurtre stupide d’une jeune étrangère. Une œuvre peut-être trop démonstrative, mais révélatrice d’un univers où le rêve entre violemment en conflit avec une réalité contraignante.

Improvviso
Andréa Ferréol, Giacomo Rosselli et Valeria Moriconi (Improvviso).

Notons encore, juste pour mémoire, une « Histoire sans parole » de Biagio Proietti [Storia senza parole, téléfilm] ; et « Jazz band » [mini série], gentil film sans prétention de Pupi Avati. Et un film d’Alberto Bevilacqua postérieur à « La Califfa » – et nettement moins bon – « Questa specie d’amore » [titre français : Un amour insolite]. Uniquement pour Jean Seberg !

Questa specie d'amore
Eva Aulin, Ugo Tognazzi et Jean Seberg (Un amour insolite).

Enfin un film qui passa parfois pour la révélation du festival, « Une année scolaire » [Un anno di scuola, téléfilm] de Franco Geraldi [Giraldi] : dans une Trieste encore autrichienne, une jeune fille se comporte en garçon – ou presque – avant que son état de femme, détonateur de nombreux drames, ne l’éclabousse et ne la meurtrisse. A suivre : Laura Lenzi, la jeune fille en question, qui n’est pas sans évoquer Dominique Sanda.

Au bout du compte, voilà un festival qui pourrait renaître dès décembre prochain puisqu’il est prévu d’en modifier les dates afin de ne plus se heurter à la concurrence de Berlin et Cannes. Un festival qui, espérons-le, nous fera connaître un cinéma italien de réelle qualité. Alors oublierons-nous peut-être la morosité d’une première manifestation s’ouvrant sur un hommage aux disparus (certes Anna Magnani, mais quand même !) et ponctué par un film peu intéressant de Martin Scorsese, « L’Italo-américain » [Italianamerican, 1974], où celui-ci nous conte, à travers ses parents, ce que fut son émigration. Curieuse façon de célébrer l’actualité d’un pays auquel on consacre une semaine de cinéma, non ? /

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La Riviera exotique de James Bond

 Never Say Never Again

Nouvelle version d’ « Opération tonnerre » (1965), « Jamais plus jamais », un des rares hors-série de la saga James Bond, réalisé en 1983 par Irvin Kershner, fut, pour la seconde moitié du film, tourné dans le Sud de l’Europe et notamment en France, en bordure des Alpes maritimes.

D’Antibes à Menton, avec une prédilection pour les ports, la production sut exploiter habilement la diversité des sites de la Riviera française, tant pour figurer le paysage environnant que pour susciter l’évasion et en tirer une matière imaginaire, fidèle à l’esprit de débrouille et au sens du décor des équipes de tournage venues s’installer dans les environs pour réduire leurs coûts et trouver un nouveau souffle créatif.

A partir de l’enquête menée sur place par Eric Saussine, « Sur les traces françaises de Jamais plus jamais«  (les passages de ce texte seront cités entre guillemets) et du commentaire d’Irvin Kershner dans les bonus de l’édition Blu-ray du film (Twientieth Century Fox, 2013), nous vous présenterons quelques séquences ou éléments liés aux décors du film, accompagnés d’extraits et de photos.

 

Débarquement

Arrivée de 007 à Nice
Extrait : James Bond arrive en France (Aéroport de Nice)

« Bond [Sean Connery] est accueilli à l’aéroport de Nice par Felix Leiter (Bernie Casey) et Nicole, agent des services secrets français (Saskia Cohen Tanugi). L’aéroport refait à neuf est réputé comme l’un des fleurons des équipements de la Méditerranée. 007 se rend ensuite dans une villa située sur les hauteurs de Villefranche-sur-mer, dans le quartier du Castellet, totalement privatisé. La cité fortifiée est très présente dans le film. »

Au sujet de la villa, la Maison Rouge, Irvin Kershner raconte qu’elle appartenait à un dentiste qui s’était ruiné pour la faire construire. Ses pièces très épurées sont visibles au début de la séquence de la course poursuite à moto.

 

Le yacht

Villefranche Flying Sauser
Le Flying Saucer dans la Rade de Villefranche (1)

« Depuis la villa, Bond observe le Flying Saucer [le yacht du Méchant, Largo] dans la Rade de Villefranche. »

Comme pour le yacht des « Invitations dangereuses » (1973), celui utilisé dans « Jamais plus jamais » stationnera surtout, par souci logistique et pour y tourner quelques scènes en intérieur, aux ports de Nice et d’Antibes, également décor du film.

« Quelle ne fut pas notre surprise en visitant le fort d’Antibes [de nos jours] d’apercevoir le navire de Largo amarré dans le port au justement nommé « Quai des Milliardaires ». A l’époque de Jamais plus jamais, il appartenait au non moins milliardaire saoudien marchand d’armes Adnan Khashoggi, ami du producteur Kevin McClory (…), qui prêta son bateau sous condition d’anonymat. Khashoggi est remercié au générique à travers ses initiales « A.K. »

 

Au « Casino Royale »

Le jeu Domination
Extrait : Bond joue avec Largo à « Domination »

« Bond se rend ensuite au Casino de Monte-Carlo (renommé « Casino Royale » sur le carton d’information visible en haut des marches d’escalier). Le film y a été tourné grâce aux relations mondaines du producteur Kevin McClory. »

La séquence est marquée par la scène de duel entre Bond et Largo (Klaus Maria Brandauer) autour du jeu vidéo de guerre mondiale « Domination ».

Kershner précise que ce jeu, qui réserve quelques surprises à ses participants, fut fabriqué à Nice, on le suppose aux Studios de la Victorine, pour être ensuite transporté en Angleterre pour l’enregistrement de la scène, censée se dérouler au casino, dans le manoir de Waddesdon à Buckinghamshire.

« A l’issue de la partie de « Domination » (…), Bond gagne le droit de danser le tango avec Domino (Kim Basinger). La piste de danse n’est autre que le grand atrium du casino qui donne d’un côté sur les salles de jeu, de l’autre sur l’Opéra de Monte-Carlo. Certains plans ont été tournés dans le bâtiment voisin, le célèbre Hôtel de Paris, qui jouxte la place du Casino. »

 

Un dédale géographique

Moto de James Bond
Extrait : Bond déballe sa moto avant de partir pour Beaulieu

« Revenu à la villa, après avoir découvert le corps de Nicole, James prend en chasse son assassin. La spectaculaire poursuite à moto démarre au quartier du Castellet, se poursuit dans la ville voisine de Beaulieu-sur-Mer et sur la montée de Nice (la collision des deux voitures après le saut à moto), puis dans le tunnel de Menton à une vingtaine de kilomètres de là pour s’achever  à… Villefranche-sur-Mer, au port de la Darse, contigu à la forteresse de Villefranche (Palmyra). »

Nul doute que cette séquence et ses cascades à haut risque imprimèrent la rétine de John Frankenheimer, cinéaste déjà familier des contraintes de relief propres à notre région, il est l’auteur de « Grand Prix » (1966) tourné pour une part à Monaco en plein Grand Prix de Formule 1, qui appliquera le même principe de dédale géographique en 1998 dans « Ronin » avec une course poursuite de voitures impressionnante reliant le village perché de La Turbie aux rues confinées du Vieux-Nice, et le quartier du port de Nice, d’un geste sûr et inventif.

 

Palmyra

Scèné coupée de Jamais plus jamais
Scène coupée au montage : la visite par les protagonistes des extérieurs de la forteresse de Palmyra (Villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat) (2)

« La forteresse de Palmyra, censée être en Erythrée, est un assemblage des forts de Villefranche et d’Antibes. C’est sur le chemin de ronde de cette dernière que se déroule le gros de la fuite à cheval. Les murs extérieurs sont le plus souvent ceux de Villefranche, à l’exception d’une paire de peinture sur verre. La cour où Domino est retenue prisonnière est quant à lui l’accès maritime de la forteresse, juste muré pour le besoin du film par le décorateur Philip Harrison qui y ajouta une herse. En franchissant la Rade, on retrouve la Villa Ephrussi de Rothschild et ses superbes jardins. On peut admirer l’intérieur de la villa puisque c’est précisément là que Bond et Domino se font « invités » par Largo. Les extérieurs prévus au planning seront coupés au montage. »

Jamais plus jamais (décor inédit)
Coupé au montage : une vue de la forteresse de Palmyra réalisé par Lou Lichtenfeld en matte painting incorporant les jardins de la Villa Ephrussi de Rothschild (3).

Photos

(1) : blog « James Bond Locations »

(2) et (3) : article « Jamais plus jamais, les scènes coupées »

Nicolas Roeg a 89 ans

Roeg Bowie et Duncan Jones
Nicolas Roeg entouré de David Bowie et du fils de ce dernier, Duncan Jones – désormais réalisateur – à l’époque du tournage de « L’Homme qui venait d’ailleurs » (1976).

Né le 15 août 1928, nous célébrons aujourd’hui l’anniversaire du cinéaste britannique sans frontières Nicolas Roeg.

Pour cet hommage, nous vous avons préparé quelques mises en bouche qui nous l’espérons vous donneront envie de découvrir ses films, sinon de les retrouver.

 

Le chaos émotionnel

Décomposition du couple dans « Ne vous retournez pas » (1973) et « Enquête sur une passion » (1980), acting out qui dégénère dans « Walkabout » (1971), acte de barbarie dans « Eureka » (1984), il y a chez Roeg un sentiment très noir, un impensable qui agit sur l’image comme une déflagration.

Accidents mortels, suicides, meurtres, hallucinations, folie, tous les pires scénarios adviennent quand il ne sont pas terriblement devancés, prédits.

Labile, le cinéma de Roeg maltraite les temporalités pour exacerber notre profonde inquiétude face à la menace d’un futur déterminé à se venger du passé.

Roeg c’est aussi un style, celui du beau bizarre et de la modernité post années 60, qui, malgré la trop modeste place occupée par le réalisateur dans l’Histoire du cinéma, pourrait désigner à lui seul le renouvellement du cinéma classique et l’expression accrue de son inconscient.

 

Deux films clés

« Walkabout » (1971)Walkabout

Don't Look Now« Ne vous retournez pas » (1973)

 

Morceaux choisis 

(Extraits) « Enquête sur une passion » (1980) : Who are you

(Thème musical) « Ne vous retournez pas » par Pino Donaggio : Laura’s Theme

(Portrait) Nicolas Roeg dans « Senses of Cinema » : The Wanderlust of a Romantic Nihilist

« La Repentie » au Tajine

Ancien local restaurant Le Tajine
(1) Bâtiment de l’ex-restaurant Le Tajine, puis de l’hôtel Santa Lucia, en 2015 (photo Prise 2).

Après « La Fête espagnole » dans notre article précédent, nous faisons un très grand bond en avant, de plus de 80 ans, avec le tournage d’une autre fête, cette fois marocaine, celle du film de Laetitia Masson, « La Repentie », qui signait en 2002 le retour au cinéma d’Isabelle Adjani.

Tourné à Nice principalement au Negresco, sur la plage et sur la Promenade des Anglais, d’autres vues et rues de la ville furent également exploitées pour le film.

Des lieux bien connus des touristes, la gare centrale et, juste en face, l’Hôtel Interlaken, ou les boutiques de luxe de la rue Paradis (zone piétonne), et ceux seulement des autochtones, en périphérie, le marché de l’ex-Sonacotra (foyer dont on vient d’annoncer la disparition) et, à l’Ouest de la gare, le restaurant Le Tajine, au 74 boulevard Gambetta, à flanc du Consulat d’Italie.

Le restaurant fermera quelques temps après le passage du film pour devenir un hôtel, le Santa Lucia, qui mettra à son tour la clé sous la porte, circa 2010 (photo 1). Son bâtiment fut très récemment rénové et modifié pour accueillir des logements individuels et est désormais rattaché à une annexe plus haut sur le boulevard (photo 2).

Ancienne situation du Tajine
(2) Le 74 boulevard Gambetta de nos jours.

La fête marocaine de « La Repentie » est sans nul doute l’une des séquences les plus réussies et inattendues du film. Nous vous invitons à lire les pages ci-dessous évoquant son tournage par Michèle Halberstadt, productrice du film, tirées de son livre Adjani aux pieds nus. Journal de « La Repentie«  (Calmann-Lévy, 2002).

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Louis Nalpas présente…

« La Fête espagnole » (1920) réalisé par Germaine Dulac et tourné en grande partie à Nice fut produit par Louis Nalpas, fondateur avec Serge Sandberg des futurs Studios de la Victorine, encore en construction en 1919.La Fête espagnole

Avant de s’installer à l’Ouest de la ville à la place des actuels Studios Riviera, Nalpas avait quelques mois auparavant transformé la villa Liserb – domaine disparu aujourd’hui -, « un immense parc, agreste, montueux » situé dans le quartier de Cimiez, qu’il louait très peu cher, en quasi studios de cinéma.

Les jardins de la villa « contenaient un petit lac, un petit labyrinthe, deux grottes (dont une de « rocaille » tout à fait baroque), une orangeraie, un tennis, des communs très vastes, quatre pavillons de jardiniers et de gardes (trois entrées) et une ferme modèle (dans le vallon de Valrose) flanquée d’une sorte de prairie normande avec des arbres fruitiers, le tout dominé par une noble rangée de cyprès géants. Cette énumération peut donner l’impression d’une sorte de bric à bras sylvestre. En vérité, avec également ses roseraies, c’était un paradis, dont tous les cinéastes qui l’ont connu gardent un souvenir émerveillé ».

Lieu de tournage fantastique, la villa Liserb offrait également de « vastes locaux (…) et des dépendances » où « tous les ‘départements’ de la production purent s’installer », notamment des ateliers de décors et un laboratoire restreint « qui permettait de développer au jour le jour la pellicule et de contrôler immédiatement les résultats »(1).

Germaine Dulac, qui a été suggérée à la production par Louis Delluc pour mettre en scène le scénario qu’il a écrit, est une des rares réalisatrices, de surcroît indépendante, du cinéma muet.

« Elle débute sa carrière après des études musicales dans un journal féministe, La Fronde. En 1914, elle fonde avec son mari, le romancier Albert Dulac, et la romancière Irène Hillel-Erlanger, la « société des Films D-H ». Elle tourne alors « Sœurs ennemies » (1915), « Géo le mystérieux » (1916), « Vénus Victrix » (1916) et « Âmes de fous » (1917) avec Eve Francis, la fiancée de Louis Delluc »(2), qui sera la vedette de « La Fête espagnole ».

Nalpas acceptera de produire « La Fête espagnole », dont l’histoire doit se dérouler en Espagne, à la seule condition que le film se fasse entièrement à Nice. Outre quelques plans qui seront faits près de Fontarrabie, au pays basque espagnol, Germaine Dulac passera plus de 3 mois à la villa Liserb, d’août à novembre 1919, pour le tournage du film.

« La Fête espagnole » sortira sur les écrans français le 4 mai 1920. Ne subsiste en 2017 de ce film, d’une durée originale de 67 minutes, que 8 minutes, visibles dans les bonus DVD du coffret Louis Delluc édité en 2015.

The Illustrated London News (07.03.1896), p. 203
Les jardins de la villa Liserb en 1896.

 

(1) Propos de Jean-Louis Bouquet, employé de Louis Nalpas, cité par René Prédal in « Fondation et activités des Studios de la Victorine jusqu’en 1930 », pp. 3-4, texte en ligne.
(2) Anne-Elizabeth Dutheil de la Rochère, Les Studios de la Victorine, 1919-1929, Association Française de Recherche sur l’Histoire du Cinéma & Cinémathèque de Nice, 1998, pp. 77-78.

Georges Lautner dans le 06

PLAYLIST ici / Interviews et souvenirs de tournages dans les Alpes-Maritimes du réalisateur niçois Georges Lautner et de ses plus grands complices, Jean-Paul Belmondo, Pierre Richard, Marie Laforêt, le cascadeur Rémy Julienne, de 1975 à 1990.
On aura tout vu
Affiche serbe d’ « On aura tout vu » (1976).
Flic ou voyou
Affiche italienne de « Flic ou voyou » (1979).

Joyeuses Pâques

CELEBRE_LAUTNER
Sophie Marceau, Georges Lautner, Jean-Paul Belmondo et Marie Laforêt en tournage à la gare de Nice pour « Joyeuses Pâques » (1984).
Présumé dangereux (2)
Michael Brandon et Marie Laforêt dans « Présumé dangereux » (1990).
Présumé dangereux (3)
Mario Adorf dans « Présumé dangereux ».
Présumé dangereux
Robert Mitchum dans « Présumé dangereux ».