Bernardo Bertolucci. Il Novecento, Palazzo del Governatore (Parme, 2026), 1/3
Exposition organisée pour les 50 ans du film 1900 de Bernardo Bertolucci / Photos : Prise 2.






Bernardo Bertolucci. Il Novecento, Palazzo del Governatore (Parme, 2026), 1/3
Exposition organisée pour les 50 ans du film 1900 de Bernardo Bertolucci / Photos : Prise 2.






Bernardo Bertolucci. Il Novecento, Palazzo del Governatore (Parme, 2026), 2/3
Exposition organisée pour les 50 ans du film 1900 de Bernardo Bertolucci / Photos : Prise 2.






¬ La formule « l’avidité du vampire bourgeois » (« l’avidità del vampiro borghese ») que l’on croise dans 1900, renvoie à la définition du bourgeois faite par Pasolini en 68 : « Le bourgeois — disons-le sur le ton de l’humour — est un vampire, qui ne trouve pas de repos tant qu’il n’a pas mordu sa victime au cou par le pur, simple et naturel plaisir de la voir devenir pâle, triste, laide, dévitalisée, tordue, corrompue, inquiète, pleine de culpabilité, calculatrice, agressive, terroriste, comme lui. » (Il Tempo n°32, 6 août 1968).
Bernardo Bertolucci. Il Novecento, Palazzo del Governatore (Parme, 2026), 3/3
Exposition organisée pour les 50 ans du film 1900 de Bernardo Bertolucci / Photos : Prise 2.








David Niven sur le site de Prise 2 : Ménage à trois (1983) et Les petites mains de Villefranche-sur-mer (2).

Décédé le 24 avril à Saint-Martin-du-Var (06), hélas, notre cher Émile, qui avait longtemps tenu, non sans succès, un musée personnel du cinéma à l’intérieur du restaurant des Studios de la Victorine, Le Galion, ne verra jamais son rêve ultime se réaliser : la création d’un musée officiel dédié aux studios niçois, promis depuis des décennies par les municipalités successives. Une partie de la collection d’Émile est heureusement consultable par tous aux Archives Départementales des Alpes-Maritimes, le fonds Émile Martin. Souhaitons et espérons, pour l’avenir, que cela ne s’arrête pas là.
Nos derniers articles sur Émile Martin… Le ciné-roman d’Emile Martin et Le butin d’un victorinophile.
A lire aussi : « Souvenirs de cinéma d’un St-Martinois » (p. 13) par Dorothée.


Ancienne borne ou boîte de location vidéo Cinébank, d’abord de cassettes VHS puis de DVD. Sis 63 boulevard René Cassin, à l’ouest de Nice, la borne restera active 11 ans et demi, du 1er juin 2000 au 4 novembre 2011, soit le temps qu’aura mis internet pour tuer le marché de la location sur support physique. Concurrent direct de Vidéofutur et ancêtre du click-and-collect, on trouvait 9 autres bornes Cinébank (société Sud Vidéo), avec leurs petits motocyclistes pressés de prendre ou de rendre leur film, à Nice : 59 boulevard de la Madeleine, 40 avenue Saint-Sylvestre, 40 boulevard Gorbella, 7 boulevard Auguste Raynaud, 89 avenue Alfred Borriglione, 34 boulevard Raimbaldi, 137 rue de France, 13 rue Paul Reboux et 127 avenue Maréchal Lyautey.


Fonds Émile Martin, Archives Départementales des Alpes-Maritimes.



Nous remercions M. Servat pour la reproduction de sa dédicace.
Voir aussi // Le butin d’un victorinophile, au sujet de la soirée à la Victorine / Le site de référence sur Marcel Carné et sa version blog, par Philippe Morisson //










Ce n’est rien d’autre, Brigitte, qu’un témoignage lubrique,
la bataille du corps avec les yeux de l’homme,
la sveltesse nue, la luxure qui serpente,
la chevelure longue glissant ses ors délayés
sur ses épaules tendues d’orchidées mûres,
les ovales séparés en rondes grappes d’oranges
les lèvres exubérantes qui provoquent les insomnies
qui s’incurvent dans sa bouche, spasmes de silence :
flammigère et profonde, sensuellement entrouverte,
tombe de beaucoup de baisers qui moururent à l’ombre.
Le nez droit et grand avec des ailes d’oiseaux
qui essaient les vols d’une recherche inutile
mais harmonieusement belle avec des profils sereins,
romantique dans le triangle de son image parfaite ;
les yeux qui ne regardent pas, qui ne voient pas la distance
parce qu’ils sont si énormes qu’ils l’absorbent et s’en nourrissent
avec des étoiles solennelles de feu inusité ;
parce qu’ouverts ils paraissent être les incendies crépusculaires
avec des quiétudes de sommeil qui mûrissent sa luminosité
lentement dans la clarté de ses orbites humides :
parce qu’ils sont deux brasiers avec de doux éclairs
où les bosquets arrangent leurs cils obscurs.
Elle est toute la chair qui frémit et se convulse,
frissons de l’homme qui la capte avec fièvre,
qui la sculpte dans ses angoisses aux images brusques
qui la boit, l’engloutit, l’étrangle, la harcèle,
s’ensorcelant seules de ses rythmes barbares ;
mais elle a dans le profond sentiment de sa hâte
une conscience jeune de sa France et du monde,
talent qui calcule les déserts humains,
intelligence souple qui englobe la souffrance,
perspicacité de lynx, chaleur de mère louve,
pensées et nostalgie d’une autre terre meilleure.
Ce n’est rien de plus, Brigitte, que le témoignage lubrique
de l’art et du cinéma qui l’encadre parmi des lumières,
qui ne transplante jamais l’ombre qui l’assaille
avec le lait nourricier éclatant dans les seins,
avec le sang qui lave ses sens sur orbite,
avec les yeux qui ont des tristesses ancestrales
comme le raisin gravide saupoudré de neige.
Elle est chair et lascive du temps qui la forge
de ses ongles en pointe tendus et affilés
de morbides outrages et hécatombes de guerre
avec les dents algides de la mort aux aguets
avec les nerfs du cosmos à présages défaits
parmi les vols atomiques de sirènes nocturnes.
Jeanne d’Arc dans les cahots de monstres carnivores
aboyant à l’innocence des ballades funèbres :
droite dans le silence d’incendies et d’écroulements
comme une perche élastique qui mesure la conscience
et trace des courbes agiles dans la carte déserte.
Le nez détruit signale les libertés cardinales
à la France et la poupée féroce
répond avec beauté au cri de la patrie.
Elle aussi réunit la vie rédemptrice :
— Cendrillon du siècle vermoulu d’angoisses —
amie splendide de poètes et de génies.
Elle aussi est chair de sables insensés,
de lacs équatoriaux où stagnent les sens
corrodés de l’effroi, imbibés de colère,
d’amours qui se bercent dans les mousses du sommeil,
d’espoir et de promesse qui endorment les ciels
comme de troupeaux de glaneuses et de ruses blanches
susurrant dans les sillons d’un automne augural.
Miguel Bustos Cerecedo
Traduit par A. Taylor-Gauthier. « Profils poétiques des pays latins » n°8-9, novembre 1968, Henri Barbier (86 boulevard de Cessole, Nice).