La machine « 1900 » (1)

¬ La première image, quasi arrêtée, de 1900 qui ouvre l’exposition : Olmo enfant (Roberto Maccanti), ramassant des grenouilles et clignant des yeux.
¬ Les salles « Avant la révolution » (« Prima della rivoluzione ») et « La recherche des racines » (« La ricerca delle radici »).
¬ Bernardo Bertolucci se souvient avoir entendu pour la première fois le mot « communiste », à 9 ans, dans un champ de tomates : « J’étais là avec les femmes et à un moment donné, nous étions en 1950, est apparue une petite voiture avec un haut-parleur qui annonçait : « Demain, tous sur la place pour la grève générale pour la mort d’Attila Alberti. » Je demande à Nella, la paysanne : « Mais qui est-ce ? » Alors elle s’est levée, et comme si elle se produisait inconsciemment sur scène, a répondu : « Un communiste »… Et ça m’a fait impression, au beau milieu de l’odeur des tomates, au mois de septembre. » (I borghesi e i contadini).
¬ Le jeune Bernardo dans les années 1960, et posant, pour le photographe Carlo Bavagnoli, avec son frère Giuseppe, son père Attilio et sa mère Ninetta.
¬ Un défilé d’acteurs et de personnages historiques… Concernant le personnage d’Olmo, joué par Gérard Depardieu, jeune acteur issu du lumpenprolétariat, alors en pleine ascension en France, il deviendra le premier véritable héros prolétaire de l’après-guerre italien.
¬ Un Bertolucci géant, 33 ans au début du tournage de 1900, entre les étages du palais.

La machine « 1900 » (2)

¬ Les effets de reprise dans 1900 : Attila (Donald Sutherland), recouvert du sang du chat qu’il vient de tuer à coups de tête dans le 1er acte, puis du sien, après avoir été malmené par les résistants, dans le 2ème.
¬ « Il y avait deux rites fondamentaux pour moi, que j’attendais chaque année avec excitation et angoisse [durant mes douze premières années passées à la campagne près de Parme] : la mort du cochon et le battage. Ces deux rites sont dans 1900. » (B. Bertolluci in « Beppe Sebaste: Novecento, parola di Bertolucci. “Tutto è partito dal rito del maiale »).
¬ « Des couleurs, pas des figures » : contrairement à Pasolini dans La Ricotta (1963) ou Visconti dans Senso (1954), l’intérêt de Bertolucci et Storaro, son directeur de la photographie, pour 1900, ne se situait pas dans la citation de figures ou la recréation de tableaux vivants, mais dans une recherche, certes inspirée de la peinture, mais purement chromatique.
¬ Femme et homme au travail : à gauche, le tableau d’Édouard Vuillard (1868-1940), La jupe noire, 1903, et à droite, un extrait de La Terre, 1930, de Oleksandr Dovjenko (1894-1956).
¬ Artiste anonyme dans la mouvance de Adriaen Brouwer, L’exécution du cochon, école hollandaise du deuxième quart du XVIIe siècle.

¬ La formule « l’avidité du vampire bourgeois » (« l’avidità del vampiro borghese ») que l’on croise dans 1900, renvoie à la définition du bourgeois faite par Pasolini en 68 : « Le bourgeois — disons-le sur le ton de l’humour — est un vampire, qui ne trouve pas de repos tant qu’il n’a pas mordu sa victime au cou par le pur, simple et naturel plaisir de la voir devenir pâle, triste, laide, dévitalisée, tordue, corrompue, inquiète, pleine de culpabilité, calculatrice, agressive, terroriste, comme lui. » (Il Tempo n°32, 6 août 1968).

La machine « 1900 » (3)

¬ Différentes vues du sanctuaire de la Bienheureuse-Vierge-des-Grâces de Curtatone entourant une séquence de 1900, celle de la fondation du fascisme émilien avec la bénédiction de l’Église, qui fut tournée dans ce sanctuaire.
¬ Ubaldo Bertoli (1908-2000), Partigiani [détail], 1977. L’œuvre est dédiée « Au cher ami Giacomo Bonmezzadri Résistant Naples ».
¬ Les barricades antifascistes érigées pendant les Événements de Parme (1-6 août 1922), prises en photo par Armando Amoretti.
¬ Photo du haut, Italo Balbo et les milices fascistes qui tentèrent de renverser Parme lors de la grève proclamée par l’Alliance du travail en 1922. Photo du bas, les barricades dans les rues de Parme contre le siège des milices fascistes (1-6 août 1922).
¬ Renato Guttuso (1911-1987), Fucilazione in campagna, 1938.
¬ Trois tableaux de Giulio Turcato (1912-1995) : Superficie, 1959 ; Comizio, 1948 ; Comizio, 1949.

Sous la table avec Garbo

La villa la Fleur du Cap, ex-Lo Scoglietto, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, ancienne demeure de David Niven, vue de la mer (Coll. Prise 2).
George Schlee et Greta Garbo dans les rues d’Antibes (Garboforever.com).

Émile Martin (1941-2026)

Émile, à l’âge tendre, passant à vive allure après ses camarades de classe, dans Le Cas du Docteur Laurent (1957), tourné dans son village natal de Saint-Martin-Vésubie (06).
Émile chez lui au mois de mars 2026, filmé par Eric Saussine, à la recherche des chutes du long métrage inachevé de Terence Young, Jackpot, tourné en partie aux Studios de la Victorine.

Cinébank Cassin

Ancienne borne ou boîte de location vidéo Cinébank, d’abord de cassettes VHS puis de DVD. Sis 63 boulevard René Cassin, à l’ouest de Nice, la borne restera active 11 ans et demi, du 1er juin 2000 au 4 novembre 2011, soit le temps qu’aura mis internet pour tuer le marché de la location sur support physique. Concurrent direct de Vidéofutur et ancêtre du click-and-collect, on trouvait 9 autres bornes Cinébank (société Sud Vidéo), avec leurs petits motocyclistes pressés de prendre ou de rendre leur film, à Nice : 59 boulevard de la Madeleine, 40 avenue Saint-Sylvestre, 40 boulevard Gorbella, 7 boulevard Auguste Raynaud, 89 avenue Alfred Borriglione, 34 boulevard Raimbaldi, 137 rue de France, 13 rue Paul Reboux et 127 avenue Maréchal Lyautey.

Carné et ses enfants…

Fonds Émile Martin, Archives Départementales des Alpes-Maritimes.

Dessins de Virginie Broquet, inspirés par Les Enfants du paradis, pour les chars du Carnaval de Nice 2019, « Roi du cinéma », en l’honneur du centenaire des Studios de la Victorine.
Publicité pour la séance-anniversaire des 80 ans des Enfants du paradis, au cinéma Belmondo à Nice, animée par Henry-Jean Servat.
A Henri-Jean Servat, tortionnaire en questions ; mais bien sympathique quand même. Cordialement, Marcel Carné
Henry-Jean Servat rencontre pour la première fois, en juillet 1975, dans une librairie de Palavas-les-Flots, Marcel Carné, qu’il ne connait encore que de réputation. Le cinéaste-écrivain, présent pour la signature de ses mémoires, « Marcel Carné – La vie à belles dents », semble plutôt délaissé. Entre vacanciers surchauffés et bouées de plage, l’ambiance est en effet peu studieuse. Épaté par le cinéphile de 26 ans, curieux de sa carrière et de sa personne, Carné invite le jeune Servat à lui tenir compagnie et ils dîneront ensemble le soir venu. Une dizaine d’années plus tard, désormais journaliste à Libération, Henry-Jean Servat réunira, pour les 90 ans d’Arletty, après un long moment sans se voir, l’auteur des Enfants du paradis et son actrice, pour un entretien entré dans la légende…

Nous remercions M. Servat pour la reproduction de sa dédicace.

Toulon, la vie cinéphile (2)

Le Toulonnais Raimu sous la pluie, son buste place des Trois Dauphins, ci-dessus, et au sec, à la table de Fanny (1932), en fresque place de l’Opéra, ci-dessous. Deux autres sculptures de l’acteur, né au 6 de la rue Anatole France et enterré au cimetière central de Toulon, se trouvent place Raimu et rue Racine.
S’il y a eu un cinéma Raimu à Toulon, il n’y a jamais eu de musée. Au grand dam de sa petite-fille, Isabelle Nohain-Raimu (1947-2025), qui a ouvert un musée Raimu en 1989 à Cogolin (83), déplacé à Marignane (13) en 2014 ; actuellement fermé. On reverra Raimu prochainement, dans un autre musée, celui consacré à Marcel Pagnol, qui sera inauguré cette année à Allauch (13).
Le Royal, et ses trois salles, 2 rue du Docteur Jean Bertholet, entre les Galeries Lafayette et la Poste, unique cinéma art et essai de la ville, il est aussi le plus ancien, actif depuis 1935.
A 600 mètres du Royal, pendant 13 ans, de 2010 à 2023, un complexe, l’Ariel, fameux pour son tarif à 4 Euros 50, est resté à l’état de ruine, avant d’être transformé en logements. Le projet immobilier avait été bloqué par les riverains durant cette période.
Face au Royal, les historiques Kiosques de Toulon, proposant livres et DVD d’occasion, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Une boutique vidéo encore debout, DVD Mania (ex vidéo-club), plus de 15 000 films à prix réduits, 15 rue d’Alger.

Toulon, la vie cinéphile (1)

Enseigne incontournable du centre-ville, Castel-Chabre sur le cours Lafayette, disparue en 2014 après 120 ans d’existence, a périodiquement proposé, probablement dès les années 1960, une boutique photo-ciné-vidéo. Une publicité peinte sur le mur d’une maison, 19 boulevard du Commandant Nicolas, visible depuis les quais de la gare SNCF de Toulon, en est le rappel.
Arrivée par le train, c’est à quelques pas de cet escalier que Françoise Canavaggia (Danielle Darrieux, ci-dessous, au marché cours Lafayette), en sortant de la gare, se fait arrêter au début d’En haut des marches (1983) de Paul Vecchiali. Film que le cinéaste a dédié à sa mère et où il ressuscite un Toulon des temps passés.

Brigitte Bardot, poème

Affiche italienne réalisée par Rodolfo Gasparri du film Manina, la fille sans voiles (1952) avec Brigitte Bardot, tourné sur la Côte d’Azur et en Corse. Manina est sorti en Italie en 1958, soit après le succès de Et Dieu… créa la femme.