

Extraits et photos tirés du livre de Jeanne Augier, propriétaire de l’hôtel Negresco à Nice de 1957 à 2019, « La Dame du Negresco » (Éditions du Rocher, 2012).
L’aristocratie du cinéma italien. « Pendant trois ans, Nice a organisé un festival du film italien. Les films étaient projetés dans les cinémas Forum et Rialto mais c’était au Negresco que les acteurs habitaient. Michel Drucker a produit en direct depuis le salon de Versailles [de l’hôtel] son émission Rendez-vous du dimanche avec les plus célèbres stars du cinéma italien. On a vu Aznavour, Chantal Goya, Laurent Voulzy, Sacha Distel, Montserrat Caballé, Jacques Chancel participer à ce festival. La belle Claudia Cardinale était attendue par de nombreux journalistes, et bien qu’elle soit sortie par la porte arrière de l’hôtel, elle n’a pu échapper à la curiosité des paparazzis. Le personnel se souvient de Marcello Mastroianni, de Gina Lollobrigida, de Monica Vitti, de Sophia Loren, de Ruggero Raimondi. » (p. 59)
Un oubli malencontreux. « La sublime Liz Taylor a séjourné plusieurs fois au Negresco avec Richard Burton. Les yeux de l’actrice galvanisaient tout le monde. Richard, lui, préférait le bar, où il s’était lié d’amitié avec André [Saporta] le barman. Un jour, invité à une soirée de gala à Monte-Carlo, il retira du coffre-fort de l’hôtel un écrin renfermant l’éblouissante parure d’émeraudes créée par Bulgari qu’il avait offerte à Elizabeth. Avant de remonter dans sa suite, il passa par le bar pour prendre un verre. Il montra au barman le fabuleux collier, la conversation se prolongea, puis il quitta l’endroit. André s’aperçut alors que l’acteur avait oublié le bijou et il courut jusqu’à l’ascenseur que Burton s’apprêtait à prendre. Un peu effaré, mais reconnaissant, l’acteur ne put s’empêcher d’embrasser André en signe de remerciement. En décembre 2012, ce collier a été vendu à New York chez Sotheby’s pour vingt-quatre millions de dollars, soit environ vingt millions d’euros. » (p. 71)
L’extravagant Monsieur Jackson. « Lors du séjour de Michael Jackson, on avait installé une piste de danse dans une pièce jouxtant sa chambre pour qu’il puisse travailler la chorégraphie du spectacle programmé à Nice. Il était accompagné par son propre chef qui préparait les plats d’un régime alimentaire très précis. Les fans étaient partout, et même quand il empruntait un passage dérobé ou une route inhabituelle, il tombait sans cesse sur des fans déchaînés qui semblaient deviner à l’avance par où il passerai, si bien qu’on s’est demandé si quelqu’un de sa suite ne vendait pas la mèche. A l’hôtel, il a organisé un cocktail pour ses invités avant le spectacle. Roger Moore, Michael Caine et leurs épouses, le sculpteur Arman et sa femme, Mme Sammy Davis Jr. et ses enfants, le photographe Helmut Newton et d’autres personnalités. Pour se promener en toute discrétion dans les rues de Nice, il se déguisait en hippie, en gentleman londonien ou en livreur (1). » (pp. 81-82)
Le caprice de Tony Curtis. « L’hôtel se souvient de l’acteur Tony Curtis, venu avec sa nouvelle femme, pourchassé par les paparazzi. Finalement, il a accepté d’être pris au Chantecler, symbole du bon goût français, à condition que son ami Roger Moore, présent lui aussi avec sa femme, ne soit pas photographié ! » (p. 150)
Les desiderata d’Anthony Quinn. « Anthony Quinn a séjourné avec sa femme. Ils sont restés deux mois pour le tournage d’un film avec Lauren Bacall [Une étoile pour deux] qui séjournait aussi à l’hôtel. Ils avaient apporté une vingtaine de valises contenant les cent robes de Madame. Ils ont exigé deux cents cintres pour placer leurs habits innombrables. Anthony Quinn a demandé, en plus de sa Cadillac, un vélo. L’acteur parcourait Nice sur ce dernier, tandis que sa femme utilisait la Cadillac. » (p. 151)

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1. Il s’est rendu à la même période, incognito, à une projection au Pathé Paris. Didier Alduan, opérateur du cinéma, se souvient : « C’était en 1989. Ma chef m’a dit de m’enfermer dans la cabine et d’attendre le coup de fil pour lancer le film. C’était Qui veut la peau de Roger Rabbit. Je l’ai monté. Préparé. C’est là que j’ai vu entrer quatre personnes, dont une avec un chapeau, par l’issue de secours. C’était une séance privée. Je n’ai su qu’après que c’était Michael Jackson qui était en tournée à Nice. » (Nice-Matin). Didier nous a précisé que Jackson avait fourni lui-même la copie du film.











































