Comme un morceau d’Andalousie déplacé sur la Côte d’Azur : Vicente Blasco Ibáñez chez lui à Fontana Rosa, circa 1925. La villa, à sa droite, où il habitait et écrivait, fut détruite en 1982.
La dernière demeure de l’écrivain espagnol exilé en France, Vicente Blasco Ibáñez (1867-1928), dans le quartier Garavan à Menton, la propriété Fontana Rosa et son Jardin des Romanciers, vestige de l’extravagance et de l’imagination sans bornes de son illustre propriétaire, propose au promeneur plusieurs passerelles cinématographiques. Reportage-photo : Prise 2.
La rotonde Cervantès à l’entrée de Fontana Rosa.
Le grand banc de la rotonde Cervantès y est décoré de panneaux en céramiqueretraçant les aventures de Don Quichotte. Décédé en 1928, Blasco Ibáñez aura manqué le tournage, en 1932, non loin de Menton, aux Studios de la Victorine, à Nice, du Don Quichotte mis en scène par G. W. Pabst.
Dans le reportage La Villa Fontana Rosa de Blasco Ibañez à Menton (1954), la visite des lieux mène à l’intérieur d’une annexe, le bâtiment dit du cinéma (en photo). Visible depuis la gare ferroviaire toute proche, il abritait jadis la salle de projection privée de Blasco Ibáñez. L’écran était disposé contre les deux fenêtres du dernier étage, celles sous l’inscription « Fontana Rosa ». Selon nos sources, le projecteur à manivelle serait toujours conservé par la Ville de Menton.
A Valence, en Espagne, à la casa-museo Blasco Ibáñez, un mur présentant, pêle-mêle, les adaptations MGM des romans de l’auteur, qui fut par ailleurs scénariste et réalisateur : Mare Nostrum, Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse, Arènes sanglantes… La photo, en haut à gauche sur fond rouge, fut prise en 1926, à Fontana Rosa, à l’époque du tournage à Nice de Mare Nostrum. La voici agrandie, ci-dessous, publiée dans « Mon Ciné », n°223.
Outre Antonio Moreno (à gauche) et Rex Ingram (au centre), respectivement interprète et réalisateur de Mare Nostrum, Vicente Blasco Ibáñez (à droite) a reçu dans son paradis mentonnais d’autres grands noms du cinéma muet : Lionel Barrymore, Mae Murray, Elvire Popesco, Alice Terry, Pearl White.
Catherine Deneuve et François Truffaut attablés au Negresco pour le réveillon du 31 décembre 1968, à l’époque du tournage à Nice de La Sirène du Mississippi.
Gina Lollobrigida, arrivant de Chine, pour l’ouverture du Festival du cinéma italien de Nice au Negresco. A sa droite, Michel Palmer, directeur de l’hôtel.
Extraits et photos tirés du livre de Jeanne Augier, propriétaire de l’hôtel Negresco à Nice de 1957 à 2019, « La Dame du Negresco » (Éditions du Rocher, 2012).
L’aristocratie du cinéma italien. « Pendant trois ans, Nice a organisé un festival du film italien. Les films étaient projetés dans les cinémas Forum et Rialto mais c’était au Negresco que les acteurs habitaient. Michel Drucker a produit en direct depuis le salon de Versailles [de l’hôtel] son émission Rendez-vous du dimanche avec les plus célèbres stars du cinéma italien. On a vu Aznavour, Chantal Goya, Laurent Voulzy, Sacha Distel, Montserrat Caballé, Jacques Chancel participer à ce festival. La belle Claudia Cardinale était attendue par de nombreux journalistes, et bien qu’elle soit sortie par la porte arrière de l’hôtel, elle n’a pu échapper à la curiosité des paparazzis. Le personnel se souvient de Marcello Mastroianni, de Gina Lollobrigida, de Monica Vitti, de Sophia Loren, de Ruggero Raimondi. » (p. 59)
Un oubli malencontreux. « La sublime Liz Taylor a séjourné plusieurs fois au Negresco avec Richard Burton. Les yeux de l’actrice galvanisaient tout le monde. Richard, lui, préférait le bar, où il s’était lié d’amitié avec André [Saporta] le barman. Un jour, invité à une soirée de gala à Monte-Carlo, il retira du coffre-fort de l’hôtel un écrin renfermant l’éblouissante parure d’émeraudes créée par Bulgari qu’il avait offerte à Elizabeth. Avant de remonter dans sa suite, il passa par le bar pour prendre un verre. Il montra au barman le fabuleux collier, la conversation se prolongea, puis il quitta l’endroit. André s’aperçut alors que l’acteur avait oublié le bijou et il courut jusqu’à l’ascenseur que Burton s’apprêtait à prendre. Un peu effaré, mais reconnaissant, l’acteur ne put s’empêcher d’embrasser André en signe de remerciement. En décembre 2012, ce collier a été vendu à New York chez Sotheby’s pour vingt-quatre millions de dollars, soit environ vingt millions d’euros. » (p. 71)
L’extravagant Monsieur Jackson. « Lors du séjour de Michael Jackson, on avait installé une piste de danse dans une pièce jouxtant sa chambre pour qu’il puisse travailler la chorégraphie du spectacle programmé à Nice. Il était accompagné par son propre chef qui préparait les plats d’un régime alimentaire très précis. Les fans étaient partout, et même quand il empruntait un passage dérobé ou une route inhabituelle, il tombait sans cesse sur des fans déchaînés qui semblaient deviner à l’avance par où il passerai, si bien qu’on s’est demandé si quelqu’un de sa suite ne vendait pas la mèche. A l’hôtel, il a organisé un cocktail pour ses invités avant le spectacle. Roger Moore, Michael Caine et leurs épouses, le sculpteur Arman et sa femme, Mme Sammy Davis Jr. et ses enfants, le photographe Helmut Newton et d’autres personnalités. Pour se promener en toute discrétion dans les rues de Nice, il se déguisait en hippie, en gentleman londonien ou en livreur (1). » (pp. 81-82)
Le caprice de Tony Curtis. « L’hôtel se souvient de l’acteur Tony Curtis, venu avec sa nouvelle femme, pourchassé par les paparazzi. Finalement, il a accepté d’être pris au Chantecler, symbole du bon goût français, à condition que son ami Roger Moore, présent lui aussi avec sa femme, ne soit pas photographié ! » (p. 150)
Les desiderata d’Anthony Quinn. « Anthony Quinn a séjourné avec sa femme. Ils sont restés deux mois pour le tournage d’un film avec Lauren Bacall [Une étoile pour deux] qui séjournait aussi à l’hôtel. Ils avaient apporté une vingtaine de valises contenant les cent robes de Madame. Ils ont exigé deux cents cintres pour placer leurs habits innombrables. Anthony Quinn a demandé, en plus de sa Cadillac, un vélo. L’acteur parcourait Nice sur ce dernier, tandis que sa femme utilisait la Cadillac. » (p. 151)
Michael Jackson rentrant au Negresco.
*****
1. Il s’est rendu à la même période, incognito, à une projection au Pathé Paris. Didier Alduan, opérateur du cinéma, se souvient : « C’était en 1989. Ma chef m’a dit de m’enfermer dans la cabine et d’attendre le coup de fil pour lancer le film. C’était Qui veut la peau de Roger Rabbit. Je l’ai monté. Préparé. C’est là que j’ai vu entrer quatre personnes, dont une avec un chapeau, par l’issue de secours. C’était une séance privée. Je n’ai su qu’après que c’était Michael Jackson qui était en tournée à Nice. » (Nice-Matin). Didier nous a précisé que Jackson avait fourni lui-même la copie du film.
Bernardo Bertolucci. Il Novecento, Palazzo del Governatore (Parme, 2026),1/3
Exposition organisée pour les 50 ans du film 1900 de Bernardo Bertolucci / Photos : Prise 2.
¬ La première image, quasi arrêtée, de 1900 qui ouvre l’exposition : Olmo enfant (Roberto Maccanti), ramassant des grenouilles et clignant des yeux.
¬ Les salles « Avant la révolution » (« Prima della rivoluzione ») et « La recherche des racines » (« La ricerca delle radici »).
¬ Bernardo Bertolucci se souvient avoir entendu pour la première fois le mot « communiste », à 9 ans, dans un champ de tomates : « J’étais là avec les femmes et à un moment donné, nous étions en 1950, est apparue une petite voiture avec un haut-parleur qui annonçait : « Demain, tous sur la place pour la grève générale pour la mort d’Attila Alberti. » Je demande à Nella, la paysanne : « Mais qui est-ce ? » Alors elle s’est levée, et comme si elle se produisait inconsciemment sur scène, a répondu : « Un communiste »… Et ça m’a fait impression, au beau milieu de l’odeur des tomates, au mois de septembre. » (I borghesi e i contadini).
¬ Le jeune Bernardo dans les années 1960, et posant, pour le photographe Carlo Bavagnoli, avec son frère Giuseppe, son père Attilio et sa mère Ninetta.
¬ Un défilé d’acteurs et de personnages historiques… Concernant le personnage d’Olmo, joué par Gérard Depardieu, jeune acteur issu du lumpenprolétariat, alors en pleine ascension en France, il deviendra le premier véritable héros prolétaire de l’après-guerre italien.
¬ Un Bertolucci géant, 33 ans au début du tournage de 1900, entre les étages du palais.
Bernardo Bertolucci. Il Novecento, Palazzo del Governatore (Parme, 2026),2/3
Exposition organisée pour les 50 ans du film 1900 de Bernardo Bertolucci / Photos : Prise 2.
¬ Les effets de reprise dans 1900 : Attila (Donald Sutherland), recouvert du sang du chat qu’il vient de tuer à coups de tête dans le 1er acte, puis du sien, après avoir été malmené par les résistants, dans le 2ème.
¬ « Il y avait deux rites fondamentaux pour moi, que j’attendais chaque année avec excitation et angoisse [durant mes douze premières années passées à la campagne près de Parme] : la mort du cochon et le battage. Ces deux rites sont dans 1900. » (B. Bertolluci in« Beppe Sebaste: Novecento, parola di Bertolucci. Tutto è partito dal rito del maiale »).
¬ « Des couleurs, pas des figures » : contrairement à Pasolini dans La Ricotta (1963) ou Visconti dans Senso (1954), l’intérêt de Bertolucci et Storaro, son directeur de la photographie, pour 1900, ne se situait pas dans la citation de figuresou la recréation de tableaux vivants, mais dans une recherche, certes inspirée de la peinture, mais purement chromatique.
¬ Femme et homme au travail : à gauche, le tableau d’Édouard Vuillard (1868-1940), La jupe noire, 1903, et à droite, un extrait de La Terre, 1930, de Oleksandr Dovjenko (1894-1956).
¬ Artiste anonyme dans la mouvance de Adriaen Brouwer, L’exécution du cochon, école hollandaise du deuxième quart du XVIIe siècle.
¬ La formule « l’avidité du vampire bourgeois » (« l’avidità del vampiro borghese ») que l’on croise dans 1900, renvoie à la définition du bourgeois faite par Pasolinien 68 : « Le bourgeois — disons-le sur le ton de l’humour — est un vampire, qui ne trouve pas de repos tant qu’il n’a pas mordu sa victime au cou par le pur, simple et naturel plaisir de la voir devenir pâle, triste, laide, dévitalisée, tordue, corrompue, inquiète, pleine de culpabilité, calculatrice, agressive, terroriste, comme lui. » (Il Tempo n°32, 6 août 1968).
Bernardo Bertolucci. Il Novecento, Palazzo del Governatore (Parme, 2026), 3/3
Exposition organisée pour les 50 ans du film 1900 de Bernardo Bertolucci / Photos : Prise 2.
¬Différentes vues du sanctuaire de la Bienheureuse-Vierge-des-Grâces de Curtatone entourant une séquence de 1900, celle de la fondation du fascisme émilien avec la bénédiction de l’Église, qui fut tournée dans ce sanctuaire.
¬ Ubaldo Bertoli (1908-2000), Partigiani [détail], 1977. L’œuvre est dédiée « Au cher ami Giacomo Bonmezzadri Résistant Naples ».
¬ Les barricades antifascistes érigées pendant les Événements de Parme (1-6 août 1922), prises en photo par Armando Amoretti.
¬ Photo du haut, Italo Balbo et les milices fascistes qui tentèrent de renverser Parme lors de la grève proclamée par l’Alliance du travail en 1922. Photo du bas, les barricades dans les rues de Parme contre le siège des milices fascistes (1-6 août 1922).
¬Renato Guttuso (1911-1987), Fucilazione in campagna, 1938.
¬ Trois tableaux de Giulio Turcato (1912-1995) : Superficie, 1959 ; Comizio, 1948 ; Comizio, 1949.
La villa la Fleur du Cap, ex-Lo Scoglietto, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, ancienne demeure de David Niven, vue de la mer (Coll. Prise 2).
George Schlee et Greta Garbo dans les rues d’Antibes (Garboforever.com).
« A un moment donné, nous vécûmes, ma femme et moi, dans une maison du midi de la France. Nous découvrîmes avec joie que Garbo était installée dans une maison située sur un promontoire voisin où elle était l’hôte d’un New-Yorkais d’origine russe qui s’appelait George Schlee. Cette propriété, isolée et perchée au sommet de rochers escarpés, loin des regards indiscrets, était pour elle idéale. Quand il faisait beau, elle descendait un escalier pour aller se baigner dans les eaux bleues de la Méditerranée et, par grand vent, elle pouvait faire ses chers « exercices » dans la piscine. Schlee était lui-même le compagnon idéal pour Garbo ; cet homme cosmopolite et extrêmement cultivé avait infiniment de charme, de bonté et de compréhension. Elle semblait être parfaitement heureuse en sa compagnie et était plus belle que jamais malgré le passage des ans. Un jour qu’ils étaient chez nous et que nous avions servi le repas et le vin sur une vieille table dans le jardin, au milieu des oliviers, un orage intempestif éclata au moment où nous allions nous asseoir pour manger. Aussitôt, je m’emparai de quelque chose de léger et ordonnai :
– Aidez-moi à tout transporter dans la maison !
– C’est ridicule, dit Garbo fermement. On va tout mettre sous la table et on mangera là.
Il arrive que des gens qui ont gravi une colline et se reposent tranquillement au sommet baissent par hasard les yeux sur le vide et découvrent avec horreur qu’ils souffrent de vertige. C’est avec les jambes en coton, le cœur battant et la tête qui leur tourne qu’ils redescendent centimètre par centimètre pour ne jamais remonter. Je m’étais souvent demandé si Garbo n’avait pas été victime d’un phénomène de ce genre lorsqu’elle était au sommet de sa carrière. C’est pourquoi, la voyant heureuse et insouciante mastiquer avec joie sous la table où crépitait la pluie, je me dis que c’était peut-être le bon moment pour essayer d’en avoir le cœur net et lui demandai :
– Pourquoi avez-vous vraiment laissé tomber le cinéma ?
Elle réfléchit si longtemps avant de me répondre que je crus qu’elle avait décidé de faire semblant de ne pas avoir entendu cette question personnelle.
Enfin, presque comme si elle pensait à voix haute, elle dit :
– J’avais fait assez de grimaces.
« Une devinette enveloppée de mystère au sein d’une énigme » ; c’est ainsi que Winston Churchill décrivit cent soixante-dix-millions de Russes. Et peut-être aussi une belle Suédoise solitaire ? »
David Niven, Mémoires, Séguier, 2021, pp. 706-707.
Émile, à l’âge tendre, passant à vive allure après ses camarades de classe, dans Le Cas du Docteur Laurent (1957), tourné dans son village natal de Saint-Martin-Vésubie (06).
Décédé le 24 avril à Saint-Martin-du-Var (06), hélas, notre cher Émile, qui avait longtemps tenu, non sans succès, un musée personnel du cinéma à l’intérieur du restaurant des Studios de la Victorine, Le Galion, ne verra jamais son rêve ultime se réaliser : la création d’un musée officiel dédié aux studios niçois, promis depuis des décennies par les municipalités successives. Une partie de la collection d’Émile est heureusement consultable par tous aux Archives Départementales des Alpes-Maritimes, le fonds Émile Martin. Souhaitons et espérons, pour l’avenir, que cela ne s’arrête pas là.
Émile chez lui au mois de mars 2026, filmé par Eric Saussine, à la recherche des chutes du long métrage inachevé de Terence Young, Jackpot, tourné en partie aux Studios de la Victorine.
Émile enfant, circa 1950. Il est le fils de Joseph Martin et d’Augusta Annonciation Ottone (1922-2016). Sa mère, née à Nice, dont il fut très proche, est originaire de la région des Pouilles, en Italie. Nous ignorons s’il s’agit d’elle sur la photo. (Photo, coll. Prise 2)
Ancienne borne ou boîte de location vidéo Cinébank, d’abord de cassettes VHS puis de DVD. Sis 63 boulevard René Cassin, à l’ouest de Nice, la borne restera active 11 ans et demi, du 1er juin 2000 au 4 novembre 2011, soit le temps qu’aura mis internet pour tuer le marché de la location sur support physique. Concurrent direct de Vidéofutur et ancêtre du click-and-collect, on trouvait 9 autres bornes Cinébank (société Sud Vidéo), avec leurs petits motocyclistes pressés de prendre ou de rendre leur film, à Nice : 59 boulevard de la Madeleine, 40 avenue Saint-Sylvestre, 40 boulevard Gorbella, 7 boulevard Auguste Raynaud, 89 avenue Alfred Borriglione,34 boulevard Raimbaldi, 137 rue de France, 13 rue Paul Reboux et 127 avenue Maréchal Lyautey.
Invitation au 40ème anniversaire des « Enfants du paradis » (1945) de Marcel Carné…
… se déroulant aux Studios de la Victorine, où le film fut tourné.
Illustrations de Jean Cocteau, qui n’aimait pas particulièrement Carné (P. Morisson).
Fonds Émile Martin, Archives Départementales des Alpes-Maritimes.
Dessins de Virginie Broquet, inspirés par Les Enfants du paradis, pour les chars du Carnaval de Nice 2019, « Roi du cinéma », en l’honneur du centenaire des Studios de la Victorine.
Publicité pour la séance-anniversaire des 80 ans des Enfants du paradis, au cinéma Belmondo à Nice, animée par Henry-Jean Servat.
A Henri-Jean Servat, tortionnaire en questions ; mais bien sympathique quand même. Cordialement,Marcel Carné Henry-Jean Servat rencontre pour la première fois, en juillet 1975, dans une librairie de Palavas-les-Flots, Marcel Carné, qu’il ne connait encore que de réputation. Le cinéaste-écrivain, présent pour la signature de ses mémoires, « Marcel Carné – La vie à belles dents », semble plutôt délaissé. Entre vacanciers surchauffés et bouées de plage, l’ambiance est en effet peu studieuse. Épaté par le cinéphile de 26 ans, curieux de sa carrière et de sa personne, Carné invite le jeune Servat à lui tenir compagnie et ils dîneront ensemble le soir venu. Une dizaine d’années plus tard, désormais journaliste à Libération, Henry-Jean Servat réunira, pour les 90 ans d’Arletty, après un long moment sans se voir, l’auteur des Enfants du paradis et son actrice, pour un entretien entré dans la légende…
Nous remercions M. Servat pour la reproduction de sa dédicace.
Le Toulonnais Raimu sous la pluie, son buste place des Trois Dauphins, ci-dessus, et au sec, à la table de Fanny (1932), en fresque place de l’Opéra, ci-dessous. Deux autres sculptures de l’acteur, né au 6 de la rue Anatole France et enterré au cimetière central de Toulon, se trouvent place Raimu et rue Racine.
S’il y a eu un cinéma Raimu à Toulon, il n’y a jamais eu de musée. Au grand dam de sa petite-fille, Isabelle Nohain-Raimu (1947-2025), qui a ouvert un musée Raimu en 1989 à Cogolin (83), déplacé à Marignane (13) en 2014 ; actuellement fermé. On reverra Raimu prochainement, dans un autre musée, celui consacré à Marcel Pagnol, qui sera inauguré cette année à Allauch (13).
Le Royal, et ses trois salles, 2 rue du Docteur Jean Bertholet, entre les Galeries Lafayette et la Poste, unique cinéma art et essai de la ville, il est aussi le plus ancien, actif depuis 1935.
A 600 mètres du Royal, pendant 13 ans, de 2010 à 2023, un complexe, l’Ariel, fameux pour son tarif à 4 Euros 50, est resté à l’état de ruine, avant d’être transformé en logements. Le projet immobilier avait été bloqué par les riverains durant cette période.
Face au Royal, les historiques Kiosques de Toulon, proposant livres et DVD d’occasion, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Une boutique vidéo encore debout, DVD Mania (ex vidéo-club), plus de 15 000 films à prix réduits, 15 rue d’Alger.